‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 2)Chapitre 42 sur 117 · LES NÉRÉIDES · texte numérisé non relu

LES NÉRÉIDES

Vidant sa nacre, l'huître à perle Constelle de son blanc trésor Leur gorge, où le flot qui déferle Suspend d'autres perles encor.

Et, jusqu'aux hanches soulevées Par le bras des Tritons nerveux, Elles luisent, d'azur lavées.

Sous l'or vert de leurs longs cheveux.

Plus bas, leur blancheur sous l'eau bleue Se glace d'un visqueux frisson.

Et le torse finit en queue, Moitié femme, moitié poisson.

Mais qui regarde la nageoire Et les reins aux squameux replis, En voyant les bustes d'ivoire Par le baiser des mers polis?

A l'horizon, — piquant mélange De fable et de réalité, ~ Parait un vaisseau qui dérange Le chœur marin épouvanté.

Son pavillon est tricolore ; Son tuyau vomit la vapeur ; Ses aubes fouettent l'eau sonore.

Et les nymphes plongent de peur.

Sans crainte elles suivaient par troupes Les trirèmes de l'Archipel, Et les dauphins, arquant leurs croupes, D'Arion attendaient l'appel;

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