‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 2)Chapitre 56 sur 117 · III · texte numérisé non relu

III

Mais souvent parmi l'herbe verte, Fuyant les yeux, fuyant les doigts, De silence et d'ombre couverte, Une fleur vit au fond des bois.

Un papillon blanc qui voltige, Un coup d'œil au hasard jeté, Vous fait surprendre sur sa tige La fleur dans sa simplicité,

Belle de sa parure agreste, S'épanouissant au ciel bleu Et versant son parfum modeste Pour la solitude et pour Dieu.

Sans toucher à son pur calice Qu'agite un frisson de pudeur, Vous respirez avec délice Son âme dans sa fraîche odeur :

Et tulipes au port superbe, Camélias si cher payés, Pour la petite fleur sous l'herbe, En un instant, sont oubliés 1

LA PELLÀH 115

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