‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 2)Chapitre 58 sur 117 · LA MANSARDE II · texte numérisé non relu

LA MANSARDE II

Ou bien quelque jeune poète, Q}ii scande ses vers sibyllins En contemplant la silhouette De Montmartre et de ses moulins.

Par malheur, ma mansarde est vraie; Il n'y grimpe aucun liseron, Et la vitre y £ut voir sa taie Sous Tais verdi d'un vieux chevron.

Pour la grisette et pour l'artiste, Pour le veuf et pour le garçon, Une mansarde est toujours triste :

Le grenier n'est beau qu'en chanson.

Jadis, sous le comble dont l'angle Penchait les fronts pour le baiser, L'Amour, content d'un lit de sangle, Avec Suzon venait causer;

Mais pour ouater notre joie Il hut des murs capitonnés.

Des flots de dentelle et de soie.

Des lits par Monbro festonnés.

Un soir, n'étant pas revenue, Margot s'attarde au mont Bréda, Et Rigolette entretenue * N'arrose plus son réséda.

Voilà longtemps que le poète.

Las de prendre la rime au vol.

S'est Eût reporter de gazette, Qjiittant le ciel pour l'entresol.

Il8 ÉMAUX ET CAMÉES

Et l'on ne voit contre la vitre Qjii'une vieille au maigre profil, Devant Minet, qu'elle chapitre, Tirant sans cesse un bout de fil.

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