‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 2)Chapitre 65 sur 117 · LA BONNE SOIRÉE I · texte numérisé non relu

LA BONNE SOIRÉE I

Loi 'BO'MIsiE SOI%ÈE

QUEL temps de chien I — il pleut, il neige ; Les cochers, transis sur leur siège, Ont le nez bleu.

Par ce vilain soir de décembre.

Qu'il ferait bon garder la chambre, Devant son feu !

A l'angle de la cheminée La chauffeuse capitonnée

Vous tend les bras Et semble avec une caresse Vous dire comme une maîtresse :

« Tu resteras! »

Un papier rose à découpures,

Comme un sein blanc sous des guipures.

Voile à demi Le globe laiteux de la lampe Dont le reflet au plafond rampe,

Tout endormi.

xjo ÉMAUX ET Camées

On n'entend rien dans le silence Qjie la pendule qui balance

Son disque d'or, Et que le vent qui pleure et rôde, Parcourant, pour entrer en fraude.

Le corridor.

C'est bal à l'ambassade anglaise :

Mon habit noir est sur la chaise.

Les bras ballants; Mon gilet bâille, et ma chemise Semble dresser, pour être mise,

Ses poignets blancs;

Les brodequins à pointe étroite Montrent leur vernis qui miroite.

Au feu placés; A côté des minces cravates, S'allongent comme des mains plates

Les gants glacés.

Il faut sortir 1 — quelle corvée I Prendre la file à l'arrivée.

Et suivre au pas Les coupés des beautés altières Portant blasons sur leurs portières

Et leurs appas;

Rester debout contre une porte A voir se ruer la cohorte

Des invités.

Les vieux museaux, les frais visages, Les fracs en cœur et les corsages

Décolletés,

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