‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 2)Chapitre 66 sur 117 · LA BONNE SOIRÉE I3I · texte numérisé non relu

LA BONNE SOIRÉE I3I

Les dos OÙ fleurit la pustule, G)uvrant leur peau rouge d'un tulle

Aérien, Les dandys et les diplomates Sur leurs faces à teintes mates

Ne montrant rieni

Et ne pouvoir franchir la haie Des douairières aux yeux d'orfraie

Ou de vautour.

Pour aller dire à son oreille Petite, nacrée et vermeille,

Un mot d'amour I

Je n'irai pasi — et ferai mettre Dans son bouquet un bout de lettre

A l'Opéra.

Par les violettes de Parme La mauvaise humeur se désarme

Elle viendrai

J'ai là Vlnlermeixp de Heine,

Le Thomas Grain-d'Orge de Taine,

Les deux Concourt :

Le temps, jusqu'à l'heure où s'achève Sur l'oreiller l'idée en rêve,

Me sera court.

OUI, Tœuvre sort plus belle D'une forme au travail Rebelle, Vers, marbre, onyx, émail.

Point de contraintes fausses I Mais que pour marcher droit

Tu chausses.

Muse, un cothurne étroit 1

Fi du rythme commode.

Comme un soulier trop grand.

Du mode Que tout pied quitte et prend!

Statuaire, repousse L'argile que pétrit

Le pouce Quand flotte ailleurs l'esprit ;

l'art 133

Lutte avec le carrare, Avec le paros dur

Et rare, Gardiens du contour pur;

Emprunte à Syracuse Son bronze où fermement

S'accuse Le trait fier et charmant ;

D'une main délicate Poursuis dans un filon

D'agate Le profil d'Apollon.

Peintre, fuis l'aquarelle, Et fixe la couleur

Trop frêle Au four de l'émailleur;

Fais les sirènes bleues, Tordant de cent façons

Leurs queues.

Les monstres des blasons;

Dans son nimbe trilobé La Vierge et son Jésus,

Le globe Avec la croix dessus.

Tout passe. — L'art robuste Seul a l'éternité :

Le buste Survit à la cité,

Et la médaille austère Q.ue trouve un laboureur

Sous terre Révèle un empereur.

Les dieux eux-mêmes meurent.

Mais les vers souverains

Demeurent Plus forts que les airains.

Sculpte, lime, cisèle; Qjie ton rêve flottant

Se scelle Dans le bloc résistant I

COMÉDIE EN TROIS. ACTES (fragment)

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