ACTE PREMIER
Un salon ouvrant sur nne serre.
SCÈ*H,E T%Ed^IÈ1iE GEORGES, DAFNÉ.
GEORGES
Ces bruyères du Cap sont toutes défleuries; Otez-les.
DAFNÉ.
Oui, monsieur.
GEORGES
Sous ses grappes flétries.
Ce lilas blanc de Perse a Taîr le plus piteux ; Arrachez-le.
DAFNÉ.
C'est fait.
GEORGES
Je ne vois, c'est honteux, Dans ce lieu que mon cœur voudrait plein de merveilles, Qp'un printemps négligé fait de fleurs déjà vieilles.
DÂFNÉ.
Des fleurs de ce matin I
GEORGES
Qu'on dirait d'hier soir.
J'ôte aux mains de Dickson la bêche et l'arrosoir; Un autre désormais prendra soin de la serre.
Pour mon Eve il me faut un paradis sous verre. Ce salon est affreux.
DAFNÉ.
Ce salon tout doré 1
L'architecte est un sot, et je le changerai ;
Il ne m'a pas compris ; c'est froid, vide, sans âme :
Un salon de banquier, et non de jeune femme.
DAFNÉ.
Monsieur est difficile.
l'amour souffle ou il veut 141
GEORGES
A mon rêve d'amant J'aurais voulu pouvoir construire un nid charmant. Ce luxe est sans esprit, ces tentures sont bêtes ; Pourquoi les tapissiers ne sont-ils pas poètes? Mon Dieu 1 que ces rideaux font de stupides plis 1 Il aurait £dlu là des pétales de lis, Et non ce lourd damas à vingt-cinq francs le mètre. A la place indiquée, a-t-on eu soin de mettre Le piano d'Ërard et les partitions?
DAFNÉ.
Oui.
GEORGES
Les livres sont-ils rangés sur les rayons?
DAFNÉ.
Tout est prêt.
GEORGES
Bien. Allez dire à Mademoiselle Q]ie j'attends au salon qu'il fasse jour chez elle.