‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 2)Chapitre 98 sur 117 · PROLOGUE D OUVERTURE 3OI · texte numérisé non relu

PROLOGUE D OUVERTURE 3OI

Le lustre, ce soleil qu'on descend et qu'on monte, Aux luttes de deux gaz saura trouver son compte, Et choisira celui dont le jet radieux Noircit moins le plafond tout en éclairant mieux. Flûtes, cors, violons, feront rage k l'orchestre ; La Muse à talons hauts et la Muse pédestre.

L'une avec son péplum dans le marbre sculpté, L'autre avec son jupon changeant et pailleté. Ensemble, ou tour à tour, sérieuse ou fantasque, Montreront la pâleur ou le Êird de leur masque. Chez nous les dieux de l'art auront des trônes d'or ; Mais nous livrons l'azur à tout puissant essor, Et le jeune poète, éclairé par leur gloire. Prendra place à leurs pieds sur les marches d'ivoire. L'Odéon, temple ouvert à tous les immortels.

Même aux dieux étrangers dressera des autels. Le génie est pareil, si la langue est diverse ; Astre à demi voilé, l'idée éclate et perce Sous le nuage gris de la traduction :

Pour juger de l'étoile il suffit d'un rayon.

Q;iand on entend Molière, et Corneille, et Racine, Caldéron se comprend, Shakspeare se devine.

O poètes sacrés, ô maîtres souverains, S'il reste encore au fond de vos riches écrins Une perle oubliée, une pierre enfouie.

Nous la ferons briller sur la foule éblouie ; Sans redouter V bêlas l sans craindre le holà! Après VAgésilas nous jouerons V Attila, Pour nous l'auteur du Cid vit dans toutes ses pièces, Et Rotrou, délaissé, tente nos hardiesses.

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