‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 3)Chapitre 103 sur 139 · UN DOUZAIN DE SONNETS · texte numérisé non relu

UN DOUZAIN DE SONNETS

SO'iL'tLET-'DE'DICoiCE

u X temps païens, toujours devant les temples fume L'hécatombe, des dieux apaisant le courroux.

Vénus veut cent ramiers; Jupiter, cent bœufs roux. Pour ma déesse, moi, je n'ai rien qu'une plume !

Et j'ose dans l'azur, dont l'encens fait la brume Chez les Olympiens, m'élever jusqu'à vous.

Et sur le blanc autel de vos divins genoux Déposer en tremblant l'ex-voto d'un volume.

Votre nom tutélaire au frontispice luit, Chaque sonnet l'enchaîne au sonnet qui le suit ; Tel un bracelet d'or dont l'agrafe est fermée.

Par vos perfections mes défauts sont couverts, Et sur votre portrait, s'enchâssant en camée, Rayonne la beauté qui manque dans mes vers 1

24 avril 1869.

SONNET i

QUILLE CHE!kCI'H,S, VK» SEUL 'BUT

ÔTE pour quelques jours de votre beau domaine, Voyant le gai soleil qui dore le matin Et perce d'un rayon les feuilles de satin, Je descends dans le parc et tout seul m'y promène.

On pense aller bien loin, mais tout sentier ramène, Quand il vous a montré le village lointain, A travers prés et bois, par un contour certain. Au portique où César a mis l'aigle romaine,

A la blanche villa, votre temple d'été.

Où, lasse du fardeau de la divinité.

Vous daignez n'être plus que la bonne princesse ;

Ainsi fait mon esprit, trompé dans ses détours: n croit poursuivre un rêve interrompu sans cesse. Et devant votre image il se trouve toujours 1

Saint-Gratien.

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