‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 3)Chapitre 104 sur 139 · NE TOUCHEZ PAS AUX MARBRES · texte numérisé non relu

NE TOUCHEZ PAS AUX MARBRES

SONNET II

7LE TOUCHEZ T^S ^UX i\C^lCB%ES

IL se peut qu'au Musée on aime une statue, Un secret idéal par Phidias sculpté :

Entre elle et vous il naît comme une intimité ; Vous venez, la déesse à vous voir s'habitue.

Elle est là, devant vous, de sa blancheur vêtue,

Et parfois on oublie, admirant sa beauté,

La neigeuse froideur de la divinité

Qui, de son regard blanc, trouble, fascine et tue.

Elle a semblé sourire, et, plus audacieux.

On se dit : « L'Immortelle est peut-être une femme ! »

Et vers la main de marbre oh tend sa main de flamme.

Le marbre a tressailli, la foudre gronde aux deux !... Vénus est indulgente, elle comprend, en somme, Qpe le désir d'un Dieu s'allume au cœur d'un homme 1

4 avril 1867.

SONNET ZII

"BjilSEU %OSE, 'B^ISE%, 'BLEU

table, l'autre jour, un réseau de guipure, Comme un filet d'argent sur un marbre jeté.

De votre sein voilant à demi la beauté, Montrait, sous sa blancheur, une blancheur plus pure.

Vous trôniez parmi nous, radieuse figure, Et le baiser du soir, d'un faible azur teinté. Comme au contour d'un fruit la fleur du velouté. Glissait sur votre épaule, en mince découpure.

Mais la lampe allumée et se mêlant au jeu

Posait un baiser rose auprès du baiser bleu ;

Tel brille au clair de lune un feu dans de l'albâtre.

A ce charmant tableau, je me disais, rêveur,

Jaloux du reflet rose et du reflet bleuâtre :

« O trop heureux reflets, s'ils savaient leur bonheur I »

Saint-Gratîen, 25 juillet 1867.

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