‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 3)Chapitre 51 sur 139 · LE SOUPIR DU MORE · texte numérisé non relu

LE SOUPIR DU MORE

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CE cavalier qui court vers la montagne.

Inquiet, pâle au moindre bruit, Cest Boabdil, roi des Mores d'Espagne, Qjii pouvait mourir, et qui fuit 1

Aux Espagnols Grenade s'est rendue ;

La croix remplace le croissant.

Et Boabdil pour sa ville perdue

N'a que des pleurs et pas de sang...

Sur un rocher nommé Soupir-du-More, Avant d'entrer dans la sierra,

Le fugitif s'assit, pour voir encore De loin Grenade et l'Alhambra:

« Hier, dit-il, j'étais calife;

Comme un Dieu vivant adoré,

Je passais du Généralife

A l'Alhambra peint et doré I

J'avais, loin des regards proÉines,

Des bassins aux flots diaphanes

Où se baignaient trois cents sultanes ;

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