‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 3)Chapitre 50 sur 139 · LET%ILL · texte numérisé non relu

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ENFANT, pourquoi tant de parure, Sur ton sein ces rouges colliers, Ta clef d'argent à ta ceinture, Ces beaux rubans à tes souliers ?

— « La neige fond sur la montagne, L'œil bleu du printemps nous sourit :

Je veux aller à la campagne Savoir si le jasmin fleurit. »

Pour moi ni printemps ni campagne.

Pour moi pas de jasmin en fleur; Car une peine m'accompagne.

Car un chagrin me tient au cœur.

Grenade .

j'allais partir... 143

J'aLL^IS 9^%TI%,.,.

J'allais partir; dona Balbine Se lève et prend à sa bobine Un long fil d'or; A mon bouton elle le noue, Et puis me dit, baisant ma joue :

« Restez encor 1

« Par l'un des bouts ce fil, trop frêle Pour retenir un infidèle,

Tient à mon cœur...

Si vous partez, mon cœur s'arrache :

Un nœud si fort à vous m'attache,

O mon vainqueur 1

— « Pourquoi donc prendre à ta bobine, Pour me fixer, dona Balbine,

Un fil doré?

A ton lit qu'un cheveu m'enchaîne, Se brisât-il, sois-en certaine,

Je resterai! »

Grenade.

J'ai LAISSÉ

T>E MO'M SEI'M T>E 'N.EIGE,..

'ai laissé de mon sein de neige Tomber un oeillet rouge à l'eau.

Hélas 1 comment le reprendrai-je Mouillé par l'onde du ruisseau?

Voilà le courant qui l'entraîne I Bel oeillet aux vives couleurs, Pourquoi tomber dans la fontaine?

Pour t'arroser j'avais mes pleurs I

Grenade.

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