‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 3)Chapitre 72 sur 139 · LA PÉRI · texte numérisé non relu

LA PÉRI

L^ 'PÈlil

TOUJOURS les Paradis ont été monotones.

La douleur est immense, et le plaisir borné, Et Dante Alighieri n*a rien imaginé Que de longs anges blancs avec des nimbes jaunes. Les Musulmans ont fait du ciel un grand sérail, Mais il £siut être Turc pour un pareil travail 1

Une Péri là-haut s'ennuyait, quoique belle; C'est être malheureux que d'être heureux toujours. Elle eût voulu goûter nos plaisirs, nos amours, Être femme et souffrir, ainsi qu'une mortelle. L'éternité, c'est long 1 — Qu'en faire, à moins d'aimer? Elle s'éprit d'Achmet : qui pourrait l'en blâmer ?

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