‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 3)Chapitre 83 sur 139 · COUPLETS · texte numérisé non relu

COUPLETS

Je crois ouïr dans les bois

Une voix, Le vent me parle à l'oreille, La fleur me dit ses secrets

Les plus frais, Et le ramier me conseille ; Ab I- c'est mon cœur qui s'éveille 1

Je me sens une langueur

Dans le cœur, Je deviens pâle ou vermeille, Gaie ou rêveuse en un jour

Tour à tour, Un songe éblouit ma veille ; Ah I c'est mon cœur qui s'éveille I

'M.ATIVITÉ

Au vieux palais des Tuileries, Chargé déjà d'un grand destin, Parmi le luxe et les féeries Un En&nt est né ce matin.

Aux premiers rayons de l'aurore, Dans les rougeurs de l'Orient, Quand la ville dormait encore, Il est venu, frais et riant.

Faisant oublier à sa mère Les croix de la maternité.

Et réalisant la chimère Du pouvoir et de la beauté.

Les cloches à pleines volées Chantent aux quatre points du ciel ; Joyeusement leurs voix ailées Disent aux vents : « Noël, Noël I »

Page 1