NATIVITÉ
Et le canon des Invalides, Tonnerre mêlé de rayons, Fait partout aux foules avides Compter ses détonations.
Au bruit du fracas insolite Qjii fait trembler son piédestal, S'émeut le glorieux stylite Sur son bronze monumental.
Les aigles du socle s'agitent, Essayant de prendre leur vol.
Et leurs ailes d'airain palpitent Comme au jour de Sébastopol.
Mais ce n'est pas une victoire Que chantent cloches et canons ; Sur l'Arc de Triomphe l'Histoire Ne sait plus où graver des noms 1
C'est un Jésus à tête blonde Qui porte en sa petite main.
Pour globe bleu, la paix du monde Et le bonheur du genre humain.
Sa crèche est faite en bois de rose, Ses rideaux sont couleur d'azur; Paisible en sa conque il repose, Car : Fluctuai nec mergitur.
Sur lui la France étend son aile ; A son nouveau-né, pour berceau, Délicatesse maternelle, Paris a prêté son vaisseau.
2l6 POÉSIES NOUVELLES
Q}i*un bonheur fidèle accompagne L'Enfant impérial qui dort, Blanc comme les jasmins d'Espagne, Blond comme les abeilles d'or 1
Ohl quel avenir magnifique Pour son enfant a préparé Le Napoléon pacifique, Par le vœu du peuple sacré 1
Jamais les discordes civiles N'y feront, pour des plans confus.
Sur l'inégal pavé des villes.
Des canons sonner les affûts.
Car la France, Reine avouée Parmi les peuples, a repris Le nom de « France la louée, »
Q.ue lui donnaient les vieux écrits.
Futur César, quelles merveilles Surprendront tes yeux éblouis, Q}ie cherchaient en vain dans leurs veilles François, Henri Qjiatre et Louis 1
A ton premier regard, le Louvre, Profil toujours inachevé.
En perspective se découvre ; Tu verras ce qu'on a rêvé 1
Paris, l'égal des Babylones, Dentelant le manteau des cieux De dômes, de tours, de pylônes.
Entassement prodigieux.