‹ Œuvres de Théophile Gautier: Poésies (volume 3)Chapitre 85 sur 139 · NATIVITÉ · texte numérisé non relu

NATIVITÉ

Au centre d'une roue immense De chemins de fer rayonnants.

Où tout finit et tout commence, Mecque des peuples bourdonnants I

Civilisation géante, Oh I quels miracles tu feras Dans la cité toujours béante Avec Tacier de tes cent bras I

Isis, laissant lever ses voiles.

N'aura plus de secrets pour nous ; La Paix, au front cerclé d'étoiles, Bercera l'Art sur ses genoux ;

L'Ignorance, aux longues oreilles, Bouchant ses yeux pour ne pas voir, Devant ces splendeurs non pareilles Se verra réduite à savoir;

Et Toi, dans l'immensité sombre, Avec un respect filial, Au milieu des soleils sans nombre Cherche au ciel l'astre impérial;

Suis bien le sillon qu'il te marque, Et vogue, fort du souvenir, Dans ton berceau devenu barque Sur l'océan de l'avenir!

t6 mars t8)6, midi.

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