LE %OSE
SONNET
JE connais tous les tons de la gamme du rose, Laque, pourpre, carmin, cinabre et vermillon. Je sais ton incarnat, aile du papillon,- Et les teintes que prend la pudeur de la rose.
A Grenade, des bords que le Xénil arrose
J'ai, sur le Mulhacen lamé de blanc paillon.
Vu la neigé rosir sous le dernier rayon
Que l'astre, en se couchant, comme un baiser y pose.
J'ai vu l'aurore mettre un doux reflet pourpré Aux Vénus soulevant le voile qui leur pèse.
Et surpris dans les bois la rougeur de la fraise.
Mais le rose qui monte à votre front nacré
Au moindre madrigal qu'on vous force d'entendre,
De la fraîche palette est le ton le plus tendre.