A CLAUDIUS POPELIN
^ CL^VDIUS TOTELI'K
SONNET
LE Temps efface l'Art avec un doigt trop prompt, Et rÉternité manque à la forme divine.
Le Vinci sous son crêpe à peine se devine, Et de Monna Lisa Tombre envahit le front.
Ce que nos yeux ont vu, bien peu d'yeux le verront. On cherche au Vatican Raphaël en ruine, Michel-Ange s'éteint aux murs de la Sixtine ; Comme Apelle et Zeuxis ils s'évanouiront.
Mais toi, mon Claudius, tu fixes ta pensée; Tel que l'ambre une fleur, l'immarcescible émail Contre les ans vaincus abrite ton travail.
Des reflets de l'iris ton œuvre est nuancée.
L'ardente transparence y luit sur le paillon. Et chez toi l'Idéal a toujours son rayon.
^ l'H.G^ES
SONNET
EN RÉPONSE A l'ENVOI d'UN FRAGMENT DE L*« APOTHÉOSE d'hOMÈRB»
DU plafond où, les pieds sur le blanc escabeau, Trône Homère, au milieu de l'immortelle foule Dont le chœur dans Tazur s'étage et se déroule, Pour m'en faire présent tu coupas un lambeau.
Merci, maître invaincu, prêtre fervent du beau, Qjni de la forme pure as conservé le moule, Et seul, resté debout dans ce siècle qui croule. De l'antique idéal tiens toujours le flambeau I
Tes nobles fils, Eschyle, Euripide et Sophocle, Descendus de ton ciel pour rayonner chez moi. Déposent leurs lauriers et leurs vers sur un socle ;
Et mon humble logis, devenu, grâce à toi,
Riche comme un palais et sacré comme un temple,
Pour ces hôtes divins est à peine assez ample !