‹ Œuvres de Théophile Gautier: PoésiesChapitre 104 sur 122 · HYMNE ANTIQ.UE · texte numérisé non relu

HYMNE ANTIQ.UE

SOMMEIL, fils de la Nuit et frère de la Mort, Écoute-moi, Sommeil : lasse de sa veillée, La lune, au fond du ciel, ferme Tœil et s'endort. Et son dernier rayon, à. travers la feuillée, Comme un baiser d*adieu, glisse amoureusement Sur le front endormi de son bleuâtre amant.

Par la porte d'ivoire et la porte de corne.

Les songes vrais ou Êiux de TÉrèbe envolés Peuplent seuls l'univers silencieux et morne; Les cheveux de la Nuit, d'étoiles d'or mêlés. Au long de son dos brun pendent tout débouclés; Le vent même retient son haleine ; et les mondes. Fatigués de tourner sur leurs muets pivots, S'arrêtent assoupis et suspendent leurs rondes. O jeune homme charmant, couronné de pavots.

Qui, tenant sur la main une patère noire Pleine d'eau du Léthé, chaque nuit nous Êiis boire. Mieux que le doux Bacchus, l'oubli de nos travaux ; Enfant mystérieux, hermaphrodite étrange.

Où la vie au trépas s'unit et se mélange.

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