‹ Œuvres de Théophile Gautier: PoésiesChapitre 117 sur 122 · COMPENSATION · texte numérisé non relu

COMPENSATION

Leur existence étrange est le réel du rêve :

Ils exécuteront votre pian idéal,

Comme un maître savant le croquis d'un élève;

Vos désirs inconnus, sous l'arceau triomphal Dont votre esprit en songe arrondissait la voûte. Passent assis en croupe au dos de leur cheval ;

D'un pied sûr, jusqu'au bout ils ont suivi la route Où, dès les premiers pas, vous vous êtes assis N'osant prendre une branche au carrefour du doute.

De ceux-là chaque peuple en compte cinq ou six. Cinq ou six tout au plus, dans les siècles prospères, Types toujours vivants dont on fait des récits.

Nature avare, ô toi, si féconde en vipères,

En serpents, en crapauds tout gonflés de venins.

Si prompte k repeupler tes immondes repaires.

Pour tant d'animaux vils, d'idiots et de nains, Pour tant d'avortements et d'œuvres imparfaites. Tant de monstres impurs échappés de tes mains.

Nature, tu nous dois encor bien des poètes!

CHl'H.OISE^IE

CE n'est p«s vous, non, madame, qne j'aime, Ni vous non plus, Juliette, ni vous, Ophélia, ni Béatrix, ni même Laure la blonde, avec ses grands yeux doux.

Celle que j'aime, à présent, est en Chine ; Elle demeure avec ses vieux parents.

Dans une tour de porcelaine fine.

Au fleuve jaune, où sont les cormorans;

Elle a des yeux retroussés vers les tempes.

Un pied petit à tenir dans la main.

Le teint plus clair que le cuivre des lampes, Les ongles longs et rougis de carmin ;

Par son treillis elle passe sa tête.

Que l'hirondelle, en volant, vient toucher, Et, chaque soir, aussi bien qu'un poète.

Chante le saule et la fleur du pêcher.

SONNET 347

SO'H.'H.Er

POUR veiner de son front la pâleur délicate, Le Japon a donné son plus limpide azur ; La blanche porcelaine est d*un blanc bien moins pur Qjie son col transparent et ses tempes d'agate ;

Dans sa prunelle humide un doux rayon éclate; Le chant du rossignol près de sa voix est dur, Et, quand elle se lève à notre ciel obscur, On dirait de la lune en sa robe d'ouate ;

Ses yeux d'argent bruni roulent moelleusement ;

Le caprice a taillé son petit nez charmant ;

Sa bouche a des rougeurs de pèche et de framboise ;

Ses mouvements sont pleins d'une grâce chinoise, Et près d'elle ou respire autour de sa beauté Quelque chose de doux comme l'odeur du thé.

^ DEUX *BEuiUX YEUX

ous avez un regard singulier et charmant; Comme la lune au fond du lac qui la reflète, Votre prunelle, où brille une humide paillette, Au coin de vos doux yeux roule languissamment.

Ils semblent avoir pris ses feux au diamant; Ils sont de plus belle eau qu'une perle parfaite, Et vos grands cils émus de leur aile inquiète Ne voilent qu'à demi leur vif rayonnement.

Mille petits amours à leur miroir de flamme Se viennent regarder et se trouvent plus beaux. Et les désirs y vont rallumer leurs flambeaux.

Ils sont si transparents qu'ils laissent voir votre âme. Comme une fleur céleste aq calice idéal

Qpe Ton apercevrait à travers un cristal

LE THE%0vCOT>O'H.

JAi, dans mon cabinet, une bataille énorme, Qui s'agite et se tord comme un serpent difforme Et dont l'étrange aspect arrête l'œil surpris; On dirait qu'on entend, avec un sourd murmure, La gravure sonner comme une vieille armure.

Et le papier muet semble jeter des cris.

Un pont par où se rue une foule en démence, Arc-en-ciel de carnage, ouvre sa courbe immense Et d'un cadre de pierre entoure le tableau ; A travers l'arche on voit une ville enflammée, D'où montent, en tournant, de longs flots de fumée Dont le rouge reflet brille et tremble sur l'eau.

Une barque, pareille à la barque des ombres.

Glisse sinistrement an dos des vagues sombres. Portant, triste fardeau, des vaincus et des morts ; Une averse de sang pleut des têtes coupées ; Des mains, par l'agonie éperdument crispées, Avec leurs doigts noueux s'accrochent à ses bords.

Pour recevoir le corps, mort ou vivant, qui tombe, Le grand fleuve a toujours toute prête une tombe; Il le berce un moment, et puis il Tengloutit ; Les flots, toujours béants, de leurs gueules voraces Dévorent cavaliers, chevaux, casques, cuirasses, Tout ce que le combat jette à leur appétit.

Ici c'est un cheval qui s'efïare et se cabre. Et se £ût, dans sa chute, une blessure au sabre Q.u*un mourant tient encor dans son poing fracassé; Plus loin, c'est un carquois plein de flèches, qui verse Ses dards en pluie aiguë, et dont chaque trait perce Un cadavre déjà de cent coups traversé.

C'est un rude combat! chevelures, crinières, Panaches et cimiers, enseignes et bannières, Au soufile des clairons volent échevelés ; Les lances, ces épis de la moisson sanglante. S'inclinent à leur vent en tranche étincelante. Comme sous une pluie on voit pencher les blés.

Les glaives dentelés font d'affreuses morsures ; Le poignard altéré, plongeant dans les blessures Comme dans une coupe, y boit à flots le sang; Et les épieux, rompant les armes les plus fortes. Pour le ciel ou l'enfer ouvrent de larges portes Aux dmes qui des corps sortent en rugissant.

Quelle férocité de dessin et de touche 1 Quelle sauvagerie et quelle ardeur farouche!

Qui signa ce poème étrange et véhément ?

C'est toi, maître suprême, à la main turbulente, Peintre au nom rouge, roi de la couleur brûlante, Divin Néerlandais, Michel- Ange flamand !

C'est toi, Rubens, c'est toi dont la rage sublime Pencha cette bataille au bord de cet abîme, Qjii joignis ses deux bouts comme un bracelet d'or, Et lui mis pour camée un beau groupe de femmes Si blanches, que le fleuve aux triomphantes lames S'apaise et n'ose pas les submerger encorl

Car ce sont, ô pitié 1 des femmes, des guerrières Q^e la mêlée étreint de ses mains meurtrières :

Sous l'armure une gorge bat; Les écailles d'airain couvrent des seins d'ivoire, Où, nourrisson cruel, la Mort pâle vient boire

Le lait empourpré du combat.

Regardez I regardez 1 les chevelures blondes Coulent en ruisseaux d'or se mêler sous les ondes

Aux cheveux glauques des roseaux.

Voyez ces belles chairs, plus pures que l'albâtre, Où, dans la blancheur mate, une veine bleuâtre

Circule en transparents réseaux.

Hélas 1 sur tous ces corps à la teinte nacrée, La mort a déjà mis sa pâleur azurée ;

Ils n'ont de rose que le sang.

Leurs bras abandonnés trempent, les mains ouvertes. Dans la vase du fleuve, entre les algues vertes,

Où l'eau les soulève en passant.

Le cheval de bataille k la croupe tigrée.

Secouant dans les cieux sa crinière eflEuce»

Les foule avec ses durs sabots; Et le lâche vainqueur, dans sa rage brutale.

Sur leur ventre appuyant sa poudreuse sandale.

Tire à lui leurs derniers lambeaux.

Bientôt du haut des monts les vautours au col chauve. Les corbeaux vernissés, les aigles à l'œil Êiuve,

L'orfraie au regard clandestin.

Les loups se balançant sur leurs échines maigres. Les renards, les chacals, accourront, tout allègres,

Prendre leur part au grand festin.

Le splendide banquet réparera leurs jeûnes.

O misère 1 ô douleur! tous ces corps frais et jeunes,

Ces beaux seins d'un si pur contour.

Faits pour les chauds baisers d'une amoureuse bouche. Fouillés par le museau de l'hyène farouche.

Piqués par le bec du vautour!

Cessez de vains efforts, ô braves amazones!

A quoi vous sert d'avoir, ainsi que des Bellones,

Le casque grec empanaché, La cuirasse de fer de clous d'or étoilée.

Si votre main trop Êiible, au fort de la mêlée.

Lâche votre glaive ébréché ?

Votre armure faussée, entre ces bras robustes. Comme un mince carton s'aplatit sur ces bustes

Où le poil pousse en plein terrain; Avec ces forts lutteurs, les plus puissantes armes, O guerrières! seraient les appas et les charmes

Cachés sous vos corsets d'airain.

S'ils n*étaient repoussés par les rudes écailles, Par les mailles d'acier qui hérissent vos tailles,

Les bras se suspendraient autour; Si vous aviez voulu, douce et modeste gloire, Vous auriez sans combat remporté la victoire,

Car la force cède à Tamoui.

Penchez-vous sur le col de vos promptes cavales, dui volent, de la brise et de l'éclair rivales ;

Fuyez sans vous tourner pour voir.

Et ne vous arrêtez qu'en des retraites sûres Où se trouve un flot clair pour laver vos blessures,

Et du gazon pour vous asseoir 1

C'est la nécessité! c'est la règle iatalet Toujours l'esprit le cède à la force brutale; Et quand la passion, aux beaux élans divins, Avec le positif veut en venir aux mains, Ardente, et n'écoutant que le feu qui l'anime, Engage le combat sur le pont de l'abime.

Elle ne peut tenir avec ses mains d'enÊint Contre ces grands chevaux à forme d'éléphant. Cabrés et renversés sur leurs énormes croupes. Contre ces forts guerriers et ces robustes troupes Aux bras durs et noueux comme des chênes verts, Aux musculeux poitrails de buffle recouverts;

Toujours le pied lui manque, et, de flèches criblée,

Elle tombe en hurlant dans Tonde flagellée.

Où son corps va trouver les caïmans du fond.

Cependant les vainqueurs, sur la crête du pont.

Sans donner une plainte aux victimes noyées.

Passent, tambours battants, enseignes déployées.

Cette planche, gravée en six cartons divers

Par Lucas Vostermann, d'après Rubens d'Anvers,

Femmes au coeur hautain, pdles cariatides,

Qjii ployez à regret des tètes moins timides

Sous le fronton pesant des devoirs et des lois.

Et qui vous refusez à porter votre croix,

De votre destinée est TefFrayant symbole.

Et je Ty vois écrite en sombre parabole.

Comme vous, autrefois, folles de liberté,

Des femmes au grand coeur, à la mâle beauté.

Se brûlèrent un sein, et mirent à la place

La Méduse sculptée au coeur de la cuirasse ;

Elles laissèrent là Taiguille et les fuseaux,

La navette qui court à travers les réseaux.

Les travaux de la femme et les soins du ménage.

Pour la lance et Tépée, instruments de carnage;

Négligeant la parure, et n'ayant pour se vmr

Qji'un bouclier d'airain, fauve et louche miroir.

Au Thermodon, qu'enjambe un pont d'une seule arche,

Leur troupe rencontra la grande armée en marche:

Ce fut un choc terrible, et sur le pont, longtemps.

Incertaine marée, on vit les combattants.

Les chevelures d'or ou bien les têtes brunes,

Femmes, soldats, suivant leurs diverses fortunes.

Pousser et repousser leur flux et leur reflux ;

Et longtemps la victoire aux pieds irrésolus.

Mesurant le terrain et supputant les pertes.

Erra d'un camp à l'autre avec ses palmes vertes.

De fatigue, à la fin, les bras frêles et blancs Laissèrent, tout meurtris, choir leurs glaives sanglants, Trop Êdbles ouvriers pour de si fortes âmes ; Et dans Teau, jusqu'au soir, il plut des corps de femmes I

J'ai &it une remarque hier en te quittant.

Sans doute j'ai mal vu : mais quand on aime tant On a peur ; on se h\X. avec la moindre chose Un sujet de tourments. On veut savoir la cause De chaque effet. Un mot, un geste, une ombre, un rien, La plus folle chimère, un souvenir ancien Qui dormait dans un coin du coeur et qui s'éveille, Tout vous effraie. On dit qu'infortune pareille Ne s'est pas encor vue et que Ton en mourra; L'on n'en meurt pas ; demain peut-être on en rira. Vous veniez pour vous plaindre : un baiser, un sourire, Et vous ne savez plus ce que vous veniez dire. Quand tu liras ces vers, sans doute tu diras Que mon idée est folle, et tu m'embrasseras; Et puis, j'oublierai tout, excepté que je t'aime Et que je t'aimerai toujours. Fais-en de même. Or, voici ma remarque ; il m'a semblé cela.

Je voudrais oublier toutes ces choses-Ii ; Mais je ne puis. Hier tu paraissais distraite. Et ce n'est pas ainsi, certes, que Juliette Laisse aller Roméo qui part. En ce moment Où mon âme pâmée à chaque embrassement

S'élançait sur ta bouche au-devant de ton âme, Où ma prunelle en pleurs baignait ma joue en flamme, Où mon cœur éperdu, sur ton cœur qu'il cherchait, Vibrait comme une lyre au toucher de Tarchet, Où mes deux bras noués, comme ceux d'un avare Qui tient son or et craint qu'un larron s'en empare, Te tenaient enfermée et t'enchainaient à moi. Toi, tu ne disais rien; tu n'écoutais pas, toil Mes baisers s'éteignaient sur ta lèvre glacée; Je ne te sentais pas sentir ; ta main pressée N'entendait pas la mienne et ne répondait rien. J'étais là, devant toi, comme un musicien Tourmentant le clavier d'un clavecin sans cordes. O mon âmel pourquoi faut-il, quand tu débordes Comme un lis rempli d'eau que le vent fait pencher, Q}ie l'âme où tout en pleurs tu voudrais fépancher Se ferme et te repousse, et te laisse répandre Tes plus divins parfums sans en vouloir rien prendre I pai cherché vainement pourquoi cette froideur, Après tant de baisers vivants et pleins d'ardeur, Après tant de serments et de douces paroles, Tant de soupirs d'ivresse et de caresses folles; Je n'ai rien pu trouver autre chose, sinon Qu'on était fou d'avoir au fond du cœur un nom Que l'on ne dira pas, et que c'était chimère D'aimer une autre femme au monde que sa mère. Rousseau dit quelque part : « Regardez votre amant Au sortir de vos bras. » 11 a raison vraiment. Lorsque, le désir mort, naît la mélancolie, Que l'amour satisfait se recueille et s'oublie, Comme au sein de sa mère un enfant qui s'endort, Que l'ennui vient d'entrer et que le plaisir sort. Le moment est venu de regarder en face L'amant qu'on s'est choisi. Qjioi qu'il dise ou qu'il fasse.

Vous lirez sur son ftont son amour tel qu'il est. Le mot sans doute est beau, mais ce qui m'en déplaît, C'est qu'il s'adresse  l'homme et non pas à la femme. Qpand le corps assouvi laisse en paix régner l'âme, Q}i*on s'écoute penser et qu'on entend son cœur, Et que dans la maltresse on embrasse la soear, La première lassée est la femme. La honte D'avoir été vaincue au fond d'elle surmonte Le bonheur d'être aimée ; elle hait son amant, Comme on hait un vainqueur ; et, certe, en ce moment Les choses sont ainsi : s'il est quelqu'un au monde Qu'elle haïsse bien et de haine profonde.

C'est lui, car c'est son maître et son seigneur: il peut Divulguer tout; il peut la perdre s'il le veut; Il ne le voudra pas, mais il le peut. La crainte A remplacé l'amour; une froide contrainte Succède aux beaux élans de folle liberté.

Adieu l'enivrement, le rire et la galté !

La femme se repent, et l'homme se repose :

Il a touché son but, il a gagné sa cause; C'est le triomphateur, le vainqueur, le César, Cbii) la couronne au front, au-devant de son char, Malgré tout son amour, s'il peut la prendre vive, Traînera sans pitié Cléopâtre captive.

Aspic, dresse ton col tout gonflé de venin.

Sors du panier de fleurs, siffle, et mords ce beau sein : César attend dehors I il lui faut Cléopâtre Pour suivre le triomphe et paraître au théâtre; Il faut que sur leurs bancs les chevaliers romains Disent : « Heureux César 1 » et lui battent des mains. La femme sait cela, que de reine et maltresse Elle devient esclave, et que son pouvoir cesse; Mais le sceptre qu'hier, dans l'oubli du plaisir, Elle a laissé tomber, aujourd'hui le désir

Le lui remet en main et la £dt souveraine ; Il hvLt que son amant à ses genoux se traine Et lui baise les pieds et demande pardon.

Mais elle maintenant, froide et sans abandon, Avec un double fil nouant son nouveau masque, Ainsi qu*un chevalier à l'abri sous son casque, Guette à couvert Tinstant où, faible et désarmé, Se livre à son poignard l'amant qu'on croit aimé. Mon ange, n'est-ce pas qu'une telle pensée N'eût pas dû me venir et doit être chassée.

Et que je suis bien fou de douter d'un amour Dont personne ne doute, et prouvé chaque jour ? J'ai tort ; mais, que veux-tu ? ces angoisses si vives, Ces haines, ces retours et ces alternatives, Ces désespoirs mortels suivis d'espoirs charmants, C'est l'amour, c'est ainsi que vivent les amants. Cette existence-là, c'est la mienne, la nôtre. Telle qu'elle est, pourtant, je n'en voudrais pas d'autre. On est bien malheureux ; mais pour un tel malheur Les heureux volontiers changeraient leur bonheur. Aimer 1 ce mot-U seul contient toute la vie.

Près de l'amour, que sont les choses qu'on envie? Trésors, sceptres, lauriers, qu'est tout cela, mon Dieu ! Comme la gloire est creuse et vous contente peu I L'amour seul peut combler les profondeurs de l'âme, Et toute ambition meurt aux bras d'une femme 1

$6o rOÉSIES DIVERSES

L^ 'BO'SLtLE JOUH'N.ÈE

CE jour, je l'ai passé ployé sur mon pupitre. Sans jeter une fois Tceil à travers la vitre. Pur Apollol cent versl je devrais être las; On le serait à moins; mais je ne le suis pas. Je ne sais quelle joie intime et souveraine Mu fait le regard vif et la face sereine ; (^omme après la rosée une petite fleur, Mon front se lève en haut avec moins de pâleur; Un sourire d'orgueil sur mes lèvres rayonne, l{t mon souffle pressé plus fortement résonne. y Ai rempli mon devoir comme un brave ouvrier. Uicn ne m'a pu distraire ; en vain mou lévrier, l'jitrc mes deux genoux posant sa longue tête, Semblait me dire : « En chasse ! » en vain d'un air de fête Le ciel tout bleu dardait, par le coin du carreau. Un Âlct de soleil jusque sur mon bureau ; Près de ma pipe, en vain ma joyeuse bouteille M'étalait son gros ventre et souriait vermeille ; Hn vain ma bien-aimée, avec son beau sein nu. Se penchait, en riant de son rire ingénu.

Sur mon fauteuil gothique, et dans ma chevelure Répandait les parfums de son haleine pure.

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