‹ Œuvres de Théophile Gautier: PoésiesChapitre 54 sur 122 · FRISSON · texte numérisé non relu

FRISSON

— Pour horizon, la rue Où la foule se rue Avec ses mille cris; Pour soleil, des lanternes Qjii de leurs reflets ternes Baignent les pavés gris ;

Pour musique, la bise Qjii se plaint et se brise Dans les arbres mouillés.

Les rauques girouettes Qjii font des pirouettes Sur leurs axes rouilles.

Comment sortir? les roues S'enfoncent dans les boues Presque jusqu'à l'essieu.

Du brouillard, de la pluie 1 L'âme souffre et s'ennuie :

Quoi donc faire, mon Dieu ?

Nous aimer, ma charmante 1 Jette là cette mante Qui me cache ton cou, Ta belle épaule blanche.

Ton corsage, ta hanche, Ton sein dont je suis fou.

Sur mes genoux prends place.

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