LE SPHINX
LE STHI'MX
DANS le Jardin Royal où Ton voit les statues, Une Chimère antique entre toutes me plaît; Elle pousse en avant deux mamelles pointues.
Dont le marbre veiné semble gonflé de lait;
Son visage de femme est le plus beau du monde; Son col est si charnu que vous l'embrasseriez ; Mais, quand on Êiit le tour, on voit sa croupe ronde. On s'aperçoit qu'elle a des griffes à ses pieds.
Les jeunes nourrissons qui passent devant elle Tendent leurs petits bras et veulent avec cris Coller leur bouche ronde à sa dure mamelle; Mais, quand ils l'ont touchée, ils reculent surpris.
C'est ainsi qu'il en est de toutes nos chimères : La fece en est charmante et le revers bien laid. Nous leur prenons le sein, mais ces mauvaises mères N'ont pas pour notre lèvre une goutte de lait.
272 rOtSIES DIVERSES
TE'H.SÉE DE IKI'bLUlT
UNE minute encor, madame, et cette année.
Commencée avec vous, avec vous terminée, Ne sera plus qu'un souvenir.
Minuit ! voilà son glas que la pendule sonne, Elle s*en est allée en un lieu d'où personne Ne peut la faire revenir :
Quelque part, loin, bien loin, par delà les étoiles. Dans un pays sans nom, ombreux et plein de voiles.
Sur le bord du néant jeté; Limbes de l'impalpable, invisible royaume Où va ce qui n'a pas de corps ni de Êintôme,
Ce qui n'est rien, ayant été;
Où va le son, où va le souffle, où va la flamme, La vision qu'en rêve on perçoit avec l'dme,
L'amour de notre cœur chassé; La pensée inconnue éclose en notre tête; L*ombre qu'en s'y mirant dans la glace on projette ;
Le présent qui se fait passé;