‹ Œuvres de Théophile Gautier: PoésiesChapitre 9 sur 122 · ALFRED DE MUSSET · texte numérisé non relu

ALFRED DE MUSSET

L est un sentier creux dans la vallée étroite, Qui ne sait trop s'il marche à gauche ou bien à droite. — Cest plaisir d*y passer, lorsque Mai sur ses bords» Comme un jeune prodigue, égrène ses trésors : L*aubépine fleurit; les frêles pâquerettes, Pour fêter le printemps, ont mis leurs collerettes. La pâle violette, en son réduit obscur, Timide, essaie au jour son doux regard d'azur. Et le gai bouton d'or, lumineuse parcelle.

Pique le gazon vert de sa jaune étincelle.

Le muguet, tout joyeux, agite ses grelots, t,t les sureaux sont blancs de bouquets frais éclos ; Les fossés ont des fleurs à remplir vingt corbeilles, A rendre riche en miel tout un peuple d'abeilles. Sous la haie embaumée un mince fllet d'eau Jase et £iit frissonner le verdoyant rideau Du cresson. — Ce sentier, tel qu'il est, moi je l'aime Plus que tous les sentiers où se trouvent de même

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Une source, une haie et dc« fleurs; car c'est lui Q^ii, lorsque au ciel laiteux la lune pdlc a lui, A la brèche du mur, rendez-vous solitaire Où l'amour s'embellit des charmes du mystère, Sous les grands chdtaigniers aux bercements plaintifti. Sans les tromper jamais, conduit mes pas furtifs.

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