DÉDAIN
Pourquoi ne vouloir pas ? Pourquoi ? pour que Ton dise, Qjiand vous passez : « Cest lui 1 » Pour que dans une église, Saint-Denis, Westminster, sous un pavé noirci, On vous couche à côté de rois que le ver mange. N'ayant pour vous pleurer qu'une figure d'ange Et cette inscription : « Un grand homme est ici. »
En vérité, c'est tout. — O néant I 6 folie !
Vouloir qu'on se souvienne alors que tout oublie, Vouloir l'éternité lorsque l'on n'a qu'un jour I Rêver, chercher le beau, fonder une mémoire.
Et forger un par un les rayons de sa gloire, Comme si tout cela valait un mot d'amour 1
CE iXCO'hL'DE-CI ET L'^A UTILE
Vo s premières saisons à peine sont écloses, EnÊint, et vous avez déjà vu plus de choses Qu'un vieillard qui trébuche au seuil de son tombeau. Tout ce que la nature a de grand et de beau.
Tout ce que Dieu nous fît de sublimes spectacles. Les deux mondes ensemble avec tous leurs miracles... Que n'avez-vous pas vu ? les montagnes, la mer, La neige et les palmiers, le printemps et l'hiver, L'Europe décrépite et la jeune Amérique; Car votre peau cuivrée aux ardeurs du tropique. Sous le soleil en flamme et les cieux toujours bleus. S'est faite presque blanche à nos étés frileux. Votre enfance joyeuse a passé comme un rêve.
Dans la verte savane et sur la blonde grève ; Le vent vous apportait des parfums inconnus ; Le sauvage Océan baisait vos beaux pieds nus. Et, comme une nourrice au seuil de sa demeure Chante et jette un hochet au nouveau-né qui pleure. Quand il vous voyait triste, il poussait devant vous Ses coquilles de moire et son murmure doux.
Pour vous laisser passer, jam-roses et lianes Écartaient dans les bois leurs rideaux diaphanes;