‹ Œuvres de Théophile Gautier: PoésiesChapitre 95 sur 122 · VE%S^ILLES · texte numérisé non relu

VE%S^ILLES

SONNET

ERSAiLLES, tu n'cs plus qu'uD spcctre de cité; Comme Venise au fond de son Adriatique, Tu traînes lentement ton corps paralytique.

Chancelant sous le poids de ton manteau sculpté.

Quel appauvrissement 1 quelle caducité 1 Tu n'es que surannée et tu n'es pas antique, Et nulle herbe pieuse au long de ton portique Ne grimpe pour voiler ta pale nudité.

Comme une délaissée, à l'écart, sous ton arbre. Sur ton sein douloureux croisant tes bras de marbre, Tu guettes le retour de ton royal amant.

Le rival du soleil dort sous son monument; Les eaux de tes jardins à jamais se sont tues, £t tu n'auras bientôt qu'un peuple de statues.

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