‹ Œuvres de Théophile Gautier: PoésiesChapitre 98 sur 122 · GD^LE'M · texte numérisé non relu

GD^LE'M

J'ENTRAI dernièrement dans une vieille église; La nef était déserte, et sur la dalle grise Les feux du soir, passant par les vitraux dorés. Voltigeaient et dansaient, ardemment colorés. Comme je m'en allais, visitant les chapelles. Avec tous leurs festons et toutes leurs dentelles. Dans un coin du jubé j'aperçus un tableau Représentant un Christ qui me parut très beau. On y voyait saint Jean, Madeleine et la Vierge ; Leurs chairs, d'un ton pareil à la cire de cierge, Les faisaient ressembler, sur le fond sombre et noir, A ces fantômes blancs qui se dressent le soir £t vont croisant les bras sous leurs draps mortuaires ; Leurs robes k plis droits, ainsi que des suaires. S'allongeaient tout d'un jet de leur nuque à leurs pieds : Ainsi Êiits, l'on eût dit qu'ils fussent copiés. Dans le Campo-Santo, sur quelque fresque antique D'un vieux maître pisan, artiste catholique.

Tant l'on voyait reluire autour de leur beauté Le nimbe rayonnant de la mysticité, £t tant l'on respirait dans leur humble attitude Les parfums onctueux de la béatitude.

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