ACE, 4SI
vue général. Je réponds à la première que , dans une matière comme celle-ci, où l'on doit moins espérer de convaincre par des raisons que d'effrayer par des exemples, on ne peut pas trop en accumuler. Je réponds à la seconde !<> que, quand deux matières sont étroitement liées, plus on veut en isoler une et moins bien on la traite ; 2» que j'ai été bien aise de rendre cet ouvrage d'une utilité plus générale.
Quelqu'un m'a dit que c'est celle lecture qui a fait horreur à un professeur illustre. Je ne puis pas le croire; mais, si le fait t st vrai , je le prie de vouloir bien lire celte préface, sur laquelle il n'avait sans doute pas jeté les yeux.
En écrivant sur l'inoculation , je me suis proposé de propager la méthode la plus propre à arrêter les ravages d'une maladie meurtrière , et j'ai la satisfaction d'avoir opéré au moins quelque bien :
en composant cet ouvrage , j'ai espéré d'arrêter les progrès d'une corruption plus ravageante peut-être que la petitevérole , et d'autant plus à craindre que , travaillant dans les ombres du mystère , elle mine sourdement , sans même que ceux qui sont ses victimes se doutent de sa malignité. Il était important de la faire connaître ; et j'ai actuellement plusieurs raisons pour croire que j'ai eu le bonheur d'être utile , que les yeux de la jeunesse se dessillent, et qu'elle apprendra peu à peu à connaître le danger en même temps que le mal : ce serait un des plus sûrs moyens de prévenir cette décadence dont on se plaint dans la nature humaine , et peut-être de lui rendre , dans quelques générations, la force qu'avaient nos aïeux , et que nous ne connaissons plus qu'historiquement ou pat les monuments qui nous en restent.
Veuille , celui qui peut tout, répandre sur mes vues celte bénédiction sans laquelle nos faibles travaux ne peuvent rien : Paul plante, Apollon arrose; c'est Dieu qui donne l'accroissenient.