‹ Œuvres de TissotChapitre 128 sur 160 · LES ÉVACUATIONS · texte numérisé non relu

LES ÉVACUATIONS

Les évacuations se dérangent avec les autres fondions , et leur dérangement augmente le désordre de la machine ; il est important d'y remédier de bonne heure. Les évacuations qui exigent principalement nos soins sont les selles, les urii'.es, la transpiration et les crachats. La meilleure façon de les maintenir 0|^ de les ramener au point où elles doivent être , c'est de s'astreindre aux préceptes que j'ai donnés sur les autres objets du régime ; quand on est exact, les évacuations, dont le plus ou le moins de régularité est le baromètre du meilleur ou du plus mauvais état des digestions, se font assez régulièrement. Celle qu'il est le plus important de favoriser, comme la plus considérable, c'est la transpiration, qui se dérange très-aisément chez les personnes faibles. On l'aide en faisant

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frotter la peau très-r^gullèrement avec une vergettc oti une flanelle ; quand elle est très-languissanle, on n'a pas de plus sûr moyen pour la ranimer, que d'avoir tout le corps couvert immédiatement de laine. L'on doit éviter d'être trop habillé, dans la crainte de suer, en qui nuit toujours à la transpiration; les couloirs forcés restent plus faibles, et s'acquittent moins bien ensuite de leurs fonctions. L'on doit éviter de l'être trop peu , ce qui arrête également toute évacuation cutanée. La partie que tout le monde, et les personnes faibles plus que les autres, doivent tenir plus chaudement, ce sont les pieds; l'on ne négligerait pas cette précaution si aisée si l'on savait à quel point elle intéresse la conservation de toute la machine. Le fréquent froid des pieds dispose aux maladies chroniques les plus fâcheuses : il y a un grand nombre de personnes sur lesquelles il produitpromptement de mauvais effets ; mais ceux surtout qui sont sujets à des maux de poitrine, à des coliques ou à des obstructions, ne peuvent trop se prémunir contre ces dangers. Les sacrificateurs, qui marchaient toujours pieds nus sur les pavés des temples, étaient souvent attaqués de violentes coliques.

La salive se sépare quelquefois trèsabondamment chez les personnes faibles ; le relâchement des organes salivaires les dispose à celte copieuse sécrétion; si les malades la crachent continuellement, il en résulte deux maux : l'un , qu'ils s'épuisent par celte évacuation; l'autre, que cellehumeursinécessaire à l'ouvrage de la digestion, qui, sans elle, ne s'opère qu'imparfaitement, lui manque, et la rend par là même pénible et mauvaise. J'ai fait assez sentir les dangers d'une mauvaise digestion , pour qu'il ne soit pas besoin d'insister plus long-temps sur ceux d'une évacuation qui la rend telle. C'est par cette raison que Lewis défend absolument à ses malades de fumer; la fumigation , entre autres inconvénients , disposant h une salivation abondante , par l'irritation qu'elle produit sur les glandes qui fournissent à cette sécrétion.

L'inspiration qui se fait d'une personne à l'autre, et dont j'ai parlé plus haut, ne pourrait- elle pas être rappelée ici comme un moyen de curation? Capivaccio avait cru utile de faire coucher son malade entre ses deux nourrices; et il est très-vraisemblable que l'inspiration de leur expiration contribua peut-être, au-

tant que lelaît, àrétablir ses forces. Eli-

dœus, contemporain de Capivaccio , et précepteur de Forestus, qui nous a conservé cette observation (1), conseilla à un jeune homme qui était dans le marasme, le lait d'ànesse, et de coucher avec sa nourrice , qui était une fimme extrêmement saine et à la fleur de l'âge ; ce conseil réussit très -bien, et on ne discontinua que quand le malade avoua qu'il ne pouvait plus résister au penchant qui le portait à abuser de ses forces revenues. On pourrait conserver un remède utile, et en prévenir le danger, en ne mêlant pas les sexes.

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