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Le temps dusnmmeil, dit avec bien de la raison Lewis, est celui de la nutrition, et non de la digestion ; aussi il exige dans ses malades la plus grande sévérité pour le souper; il leur défend, et j:imais défense plus légitime, (ouïe viande le Boir; il ne leur permet qu'un peu de lait et quelques tranches de ))ain, et cela deux heures avant que de se coucher, afin ((ue la première digeslion soit finie avant que de se livrer au sommeil. Les Alcanle.s, qui ne connaissaient point la diète animale, qui ne matigeaienl jamais rien de ce qui avait eu vie, étaient fameux par la tranquillité de leur sommeil, et ignoraient ce que c'est que songer,
LES MOUVEME.NTS.
L'exercice est d'une nécessité absolue; il coûte auN personnes faibles d'en prendre, et, si elles ont du pench int à la tristesse, il est Irès diliicile de les déterminer à se mouvoir; rien n'est cependant plus propre à augmenter tous les maux qui viennent de faiblesse, que l'inaction. Les fibres de l'eslomac, des intestins, des vaisseaux sont lâches; les humeurs croupissent partout, parce que les solides n'ont pas la force de leur imprimer le mouvement nécessaire ; il naît des stases, des engorgemenls, des obslructions , des épancheraenls ; la coction , la nutrition, les sécrétions ne se font point, le sang resteaqueux, les forces diminuent, et tous les symptômes du mal augmentent. L'exercice prévient tous ces maux en aiignienlant la force de la circulation. Toutes les fonctions se font comme si l'on avait des forces réelles, et cette régularité dans les fonctions ne larde pas à en donner. Ainsi l'effet du mouvement est de suppléer les forces et de les rétablir. Un autre de sis avantages, indépendant de l'augmentation de la circulation , c'est qu'il fait jouir d'un air toujours nouveau. Une personne qui ne se remue point fiâtc bientôt celui qui l'environne et lui nuit ; une personne en action en change continuellfment. Le mouvement peut souvent tenir lieu de remèdes ; tous les remèdes du monde ne peuvent pas tenir lieu de mouvement.
— La fatigue des premiers jours est un
ccueil contre lequel Je faible courage de plusieurs malades échoue; mais, s'ils avaient celui de surmonter ce premier obstacle, ils sentiraient que c'est véritablement le cas où il n'y a que les premiers pas ({ui coiUent. J'ai été étonné moi-même de voir à quel point ceux qui n'avaient pas été rebutés acquéraient des forets pi r l'( xercice. S'. à vu des personnes qui étaient fatiguées de faire le tour d'un jardin, parvenir, en quebiues semaines, à f,iire jusqu'à deux lieues de chemin , et se trouver dans le bien èlre au retour.
L'exercice .à pied n'est pas le seul f.ivorable ; celui qu'on prend à cheval vaut même beaucoup n„ieux pour les personnes extrèmemenl faibles, ou pour celles qui ont les viscères du bas- ventre et la poitrine endommagés; dans une plus grande faiblesse encore, celui d'une voiluie est à préférer, pourvu qu'elle ne soit pas Irop douce. Quand la saison ne permet pas de sortir, on doit se donner du mouvement dans la maison , ou par quelque occupation un peu pénible, ou par quelque jeu d'exercice , tel que le volant , qui exerce également tout le corps. — Le retour de l'appétit, du sommeil, de la gaîié, sont les suites nécessaires du mouvement ; mais il f.iul avoir la précaution de ne prendre jamais un exercice un peu fort aussitôt a[uès le repas , et de ne pas manger quand on a chaud, après l'exercice ; on doit le prendre avant le repas, et se reposer quelques moments avant que de manger,