AVERTISSEMENT
Gomme il y a des gens qui ne lisent que pour trouver des erreurs dancun écrivain, j'avertis ceux qui liront ces Réflexions que, s'il y en a quelqu'une qui présente un sens peu conforme à la piété , l'Auteur désavoue ce mauvais sens, et souscrit le premier à la critique qu'on en pourra faire; il espère cependant que les personnes désintéressées n'auront aucune peine à bien interpréter ses sentiments. Ainsi, lorsqu'il dit : La pensée de la mort nous trompe, parce quelle nous fait oublier de vivre, il se flatte qu'on verra bien que c'est de la pensée de la mort, sans la vue de la Religion, qu'il veut parler. Et encore ailleurs, lorsqu'il dit : La conscience des niouranls calomnie leur vie, il est fort éloigné de prétendre qu'elle ne les accuse pas souvent avec justice; mais il n'y a personne qui ne sache que toutes les propositions générales ont leurs exceptions. Si on n'a pas pris soin ici de les marquer, c'est parce que le genre d'écrire que l'on a choisi ne le permet pas. Il sufin^a de confronter l'auteur avec lui-même, pour connaître la pureté de ses principes.
^ J'avertis encore les lecteurs que toutes ces pensées ne se suivent pas, mais qu'il y en a plusieurs qui se suivent, et qui pourraient paraître
* C'est le titre de la 2^ édition; celui de la 1'^ était : Paradoxes, mêlés de Réflexions et de Maximes. — G.
- Dans la l"" édition, cet Avertissement était précédé d'un Avis du libraire, ainsi conçu : « L'ouvrage qu'on vient délire {V Introduction à la Connaissance « de l'Esprit humain, et les Réflexions critiques sur quelques poètes), n'ayant " pas paru assez long, on y a joint les Paradoxes, mêlés de Réflexions et de « Maximes, qu'on n'avait pas destinés à voir le jour. » Voltaire remarqua que Vavis était trop naïf, et le fit supprimer. — G.
•» Au lieu de ce paragraplie, les diverses éditions donnent un morceau, dont une partie se retrouve, il est vrai, dans V Avertissement delà 1'^ édition, mais qui est supprimé sur l'exemplaire d'Aix, et, en effet, a disparu de la seconde. Vauvenargues l'a repris et développé dans la Préface aux Caractères ; c'est le dernier morceau que nous donnons, sous le titre d'addition^ à la lin de cette Préface, page 288. — G.
obscures ou hors d'œuvre, si on les séparait. On n*a point conservé dans cette édition Tordre qu'on leur avait donné dans la première; on en a retranché plus de deux-cents maximes; on en a étendu quelquesunes, et on en a ajouté un petit nombre.
1 . Il est plus aisé de dire des choses nouvelles que de concilier celles qui ont été dites.'.
2. L'esprit de l'homme est plus pénétrant que conséquent, et embrasse plus qu'il ne peut lier.
3. Lorsqu'une pensée est trop faible pour porter une expression simple, c'est la marque pour la rejeter.