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Nos plus sûrs protecteurs sont nos talents

87. Tous les hommes se jugent dignes des plus grandes places ; mais la nature, qui ne les en a pas rendus capables, fait aussi qu'ils se tiennent très-contents dans les dernières ^.

88. On méprise les grands desseins, lorsqu'on ne se sent pas capable des grands succès ^

89. Les hommes ont de grandes prétentions et de petits projets.

90. Les grands hommes entreprennent les grandes choses, parce qu'elles sont grandes; et les fous, parce qu'ils les croient faciles ^

91. Il est quelquefois plus facile de former un parti, que de venir par degrés à la tête d'un parti déjà formé ^.

i i.j 4 5 [Bien. — V.j — Var. : « Personne ne peut mieux prétendre aux (( grandes places que ceux qui en ont les talents. »

G 7 s [Bien. — V.]

Var. : « Le plus grand de tous les projets est celui de former un paiti. » Vauvenargues supprima, dans la 2^ édition, cette pensée que Voltaire trouvait trop commune, et qui faisait, d'ailleurs, double emploi. Les diverses éditions donnent dans cette maxime supprimée : de prendre imparti; elle en vaudrait mieux, peut-être : mais ce n'est pas le texte de Vauvenargues. Notre leçon est celle de la 1"^ édition. — G.

92. Il n'y a point de parti si aisé à détruire que celui (jue la prudence seule a formé : les caprices de la nature ne sont pas si frêles ' que les chefs-d'œuvre de l'art.

93. Oh i^eut dominer par la force, mais jamais par la seule adresse".

9/j. Ceux qui n'ont que de l'habileté ne tiennent en aucun lieu le premier rang ^

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