Qui sait tout souffrir peut tout oser
190. 11 y a des injures qu'il faut dissimuler, pour ne pas compromettre son honneur^.
19J . Il est bon d'être ferme par tempérament, et flexible par réflexion.
192. Les faibles veulent quelquefois qu'on les croie méchants ; mais les méchants veulent passer pour bons \
* Vauvenargues revient sur cette idée à divers endroits; voir, entr'autres, dans le Discours sur le Caractère des différents siècles^ la variante de la page 161. — G.
■■J--'-'» [Bien.— V.]
•' Var. : « L'intérêt du faible est de dépendre, pour être protégé ; cela n'em- « pêche pas qu'il ne soit mis('rable d'avoir besoin de protection, et c'est, au » contraire, la preuve de sa faiblesse et de son malheur. »
" Sans doute, parce qu'on ne peut en tirer vengeance. — Voirie l*""" Caractère (Clazomène) : « L"injure a flétri son courage, et il a été oOenséde ceux dont « il ne pouvait prendre de vengeance. » — G.
■ [Bien. —V.]
394 UÉFLEXÏONS
193. Si l'ordre domine dans le genre Immain, c'est une preuve que la raison et la vertu y sont les plus fortes '.
J9/i. La loi des esprits n'est pas différente de celle des corps, qui ne peuvent se maintenir que par une continuelle nourriture.
195. Lorsque les plaisirs nous ont épuisés, nous croyons avoir épuisé les plaisirs; et nous disons que rien ne peut remplir le cœur de l'homme.
196. Nous méprisons beaucoup de choses, pour ne pas nous mépriser nous-mêmes'.
197. Notre dégoût n'est point un défaut et une insuffisance des objets extérieurs, comme nous aimons à le croire, mais un épuisement de nos propres organes, et un témoignage de notre faiblesse \
198. Le feu, l'air, l'esprit, la lumière, tout vit par l'action ; de là la communication et l'alliance de tous les êtres; de là l'unité et l'harmonie dans l'univers. Cependant cette loi de la nature, si féconde, nous trouvons que c'est un vice dans l'homme; et, parce qu'il est obligé d'y obéir, ne pouvant subsister dans le repos, nous concluons qu'il est hors de sa place ^.
199. L'homme ne se propose le repos que pour s'affranchir de la sujétion et du travail; mais il ne peut jouir que par l'action , et n'aime qu'elle.