‹ Œuvres de VauvenarguesChapitre 257 sur 264 · Combien de vertus et de vices sont sans conséquence · texte numérisé non relu

Combien de vertus et de vices sont sans conséquence

891. Nous ne sommes pas contents d'être habiles, si on ne sait pas que nous le sommes; et, pour ne pas en perdre le mérite, nous en perdons quelquefois le fruit ^.

892. Les gens vains ne peuvent être habiles, car ils n'ont pas la force de se taire ^.

893. C'est souvent un grand avantage pour un négociateur, s'il peut faire croire qu'il n'entend pas les intérêts de son maître, et que la passion le conseille; il évite par là qu'on le pénètre, et réduit ceux qui ont envie de finir à se relâcher de leurs prétentions, les plus habiles se croyant quelquefois obligés de céder à un homme qui résiste lui-même à la raison, et qui échappe à toutes leurs prises*^.

89/i. Tout le fruit qu'on a pu tirer de mettre quelques hommes dans les grandes places, s'est réduit à savoir qu'ils étaient habiles.

895. Il ne faut pas autant d'acquis pour être habile que pour le paraître ^.

896. Rien n'est plus facile aux hommes en place que de s'approprier le savoir d'autrui.

897. Il est peut-être plus utile, dans les grandes places, de savoir et de vouloir se servir de gens instruits, que de l'être soi-même.

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