‹ Œuvres de Victor Hugo NotreDame de Paris 1482Chapitre 27 sur 114 · LIVRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME

.\OTKE-I)AME

Sans doute c’est encore aujourd'liui un majestueux et sublime édifice (juc l’eglise de Notre-Dame de Paris. Mais, si belle qu’elle se soit conservée en vieillissant, il est difficile de ne pas soupirer, de ne pas s’indigner devant les de'gradations, les mutilations sans nombre que simultanément le temps et les bommes ont fait subir au vénérable monument, sans respect pour Charlemagne qui en avait pose la première pierre, pour Philippe-Auguste qui en avait pose la dernière.

Sur la face de rette vieille reine de nos cathédrales, à côté d’une ride on trouve toujours une cicxatrice. Tempua eda.r, homo edneior. Ce que je traduirais volontiers ainsi : le temps est aveugle, l’homme est stupide.

Si nous avions le loisir d’examiner une à une avec le lecteur les diverses traces de destruction imprimées à l’antiipie église, la part du temps serait la moindre, la pire celle des hommes, surtout des nommes de l’art. Il faut bien que. je dise dea hommes de l'art, puisqu’il y a eu des individus ((ui ont pris la qii.alité d’architectes dans les deux siècles derniers.

Et d’abord, pour ne citer que (luclques exemples capitaux, il est, à coup sur, peu de plus belles pages architecturales ([ue cette façade où, successivement et à la fois, les trois portails creusés en ogive, le cordon brodé et dentelé des vingt-huit niches royales, l'immense rosace centrale llanquée de ses deux fenêtres latérales comme le prêtre du diacre et du sousdiacre, la haute et frêle galerie u'arcades à trètle qui porte une lourde plate-forme sur .ses fines colonnettes, enfin les deux noires et massives tours avec leurs auvents d'ardoise.

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