‹ Œuvres de VoltaireChapitre 10 sur 182 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

« Doutes sur ta liberté qu'on nomme d'indifférence.

-t. Les plantes sont des êtres organisés dans lesquels tout se fait nécessai retnent. Quelques plantes tiennent an règne animal , et sont en effet des animaux attachés à la terre.

« a. Ces animaux plantes qui ont des racines, des feuilles et du sentiment , auraient-ils une liberté ? il n'y a pas grande apparence.

» 3. Les animaux n'ont-ils pas un sentiment, un instinct, une raison commencée, une mesure d'idées et de mémoire ? Qu'est-ce au fond que cet instinct? N'est-il pas un de ces ressorts secrets que nous ne connaîtrons jamais? On ne peut rien connaître que par l'analyse, ou par une suite de ce qu'on appelle les premiers principes', or quelle analyse ou quelle synthèse peut nous foire connaître la nature de l'instinct ? Nous voyons seulement que cet instinct est toujours nécessairement accompagné d'idées. Uu ver à soie a ta perception de la feuille qui le nourrit ; la perdrix , du ver qu'elle cherche et qu'elle avale; le renard, de la perdrix qu'il mange ; le loup, du renard qu'il dévore. Il n'est pas vraisemblable que ces êtres possèdent ce qu'on appelle la liberté. On peut donc avoir des idées sans être libre.

- 4. Les hommes reçoivent et combinent des idées dans leur sommeil. On ne peut pas dire qu'ils soient libres alors. N'est-ce pas une nouvelle preuve qu'on peut avoir des idées sans être libre ?

« 5. L'homme a par-dessus les animaux le don d'une mémoire plus vaste.

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