‹ Œuvres de VoltaireChapitre 133 sur 182 · MONSIEUR DE POURCEAUGNAC · texte numérisé non relu

MONSIEUR DE POURCEAUGNAC

Comédie-ballet en prose et en trois acte*, faite et jouée à Cha mlx.nl , pour le- roi , au mois de septembre 1 6V><) , rt représentée sur le théâtre du Palai» Royal le t5 novembre de la même année.

Ce fut à la représentation de cette comédie que la

1 Augcr, qui dit qu'en général, dans tous ces petits détails d'histoire littéraire, Voltaire est d'une grande inexactitude, lui reproche de qualifier de Prologue de la Critique du Tartufe , une simple épitre eu vers adressée à l'auteur de cette Critique. Au reste, il est fort doutent , dit encore Augcr, que cette prétendue comédie {la Critique du Tartufe), qui n'est qu'une parodie, non moins indécente qu'insipide, de quelques scènes de la pièce de Molière, ait paru sur le théâtre. B.

M purges. II. 28

troupe de Molière prit pour la première fois le titre de la troupe du roi. Pourceaugnac est une farce; mais il y a dans toutes les farces de Molière des scènes dignes de la haute comédie. Un homme supérieur, quand il hadine, ne peut s'empêcher de badiner avec esprit. Lulli , qui n'avait point encore le privilège de l'Opéra, fit la musique du ballet de Pourceaugnac; il y dansa, il y chanta, il y joua du violon. Tous les grands talents étaient employés aux divertissements du roi , et tout ce qui avait rapport aux beaux-arts était honorable.

On n'écrivit point contre Pourceaugnac : on ne cherche à rabaisser les grands hommes que quand ils veulent s'élever. Loin d'examiner sévèrement cette farce, les gens de bon goût reprochèrent à l'auteur d'avilir trop souvent son génie à des ouvrages frivoles qui ne méritaient pas d'examen; mais Molière leur répondait qu'il était comédien aussi bien qu'auteur, qu'il fallait réjouir la cour et attirer le peuple, et qu'il était réduit à consulter l'intérêt de ses acteurs aussi bien que sa propre gloire.

Page 1