LES AMANTS MAGNIFIQUES
Comédie- ballet en prose el en cinq actes, représentée devant le roi , à Saint- Germain, an mois de janvier 1670.
Louis X1Y lui-même donna le sujet de cette pièce h Molière. Il voulut qu'on représentât deux princes qui se disputeraient une maîtresse, en lui donnant des fêtes magnifiques et galantes. Molière servit le roi avec précipitation. Il mit dans cet ouvrage deux per-
DE MOL1KRE. \ 4^
sonnages qu'il n'avait point encore fait paraître sur son théâtre, un astrologue et un fou de cour. Le monde n'était point alors désabusé de l'astrologie judiciaire; on y croyait d'autant plus qu'on connaissait moins la véritable astronomie. Il est rapporté dans Vittorio Siri qu'on n'avait pas manqué, à la naissance de Louis XIV, de faire tenir un astrologue dans un cabinet voisin de celui où la reine accouchait. C'est dans les cours que cette superstition règne davantage, parceque c'est là qu'on a plus d'inquiétude sur l'avenir.
Les fous y étaient aussi à la mode; chaque prince et chaque grand seigneur même avait son fou; et les hommes n'ont quitté ce reste de barbarie qu'à mesure qu'ils ont plus connu les plaisirs de la société et ceux que donnent les beaux-arts. Le fou qui est représenté dans Molière n'est point un fou ridicule, tel que le Moron de la Princesse (PÉlide ;\m\\$ un homme adroit, et qui, ayant la liberté de tout dire, s'en sert avec habileté et avec finesse. La musique est de Lulli. Cette pièce ne fut jouée qu'à la cour, et ne pouvait guère réussir que par le mérite du divertissement et par celui de la-propos.
On ne doit pas omettre que , dans les divertissements des Amants magnifiques > il se trouve une traduction de l'ode d'Horace ,
« Doncc gratus eram tibi ». - « Livre III, ode ix, vers 1. B.