‹ Œuvres de VoltaireChapitre 141 sur 182 · SUR UN USAGE TRÈS UTILE ÉTABLI EN HOLLANDE · texte numérisé non relu

SUR UN USAGE TRÈS UTILE ÉTABLI EN HOLLANDE

11 serait à souhaiter que ceux qui sont à la téte des nations imitassent les artisans. Dès qu'on sait à Londres qu'on fait une nouvelle étoffe en France, on la contrefait. Pourquoi un homme d'état ne s'empressera-t-il pas d'établir dans son pays une loi utile qui viendra d'ailleurs? Nous sommes parvenus à faire la même porcelaine qu'à la Chine; parvenons à faire le bien qu'on fait chez nos voisins, et que nos voisins profitent de ce que nous avons d'excellent.

Il y a tel particulier qui fait croître dans son jardin des fruits que la nature n'avait destinés qu'à mûrir sous la ligne : nous avons à nos portes mille lois, mille coutumes sages; voilà les fruits qu'il faut faire naître chez soi, voilà les arbres qu'il faut y transplanter : ceux-là viennent en tous climats, et se plaisent dans tous les terrains.

La meilleure loi, le plus excellent usage, le plus utile que j'aie jamais vu, c'est en Hollande. Quand deux hommes veulent plaider l'un contre l'autre, ils sont obligés d'aller d'abord au tribunal des concilialeurs, appelés fescurs de paix. Si les parties arrivent avec un avocat et un procureur, on fait d'abord reti-

• Ce morceau , qui jusqu'à présent était daté de 1 74* , et même de 1 74$ , fait partie du volume intitulé : Recueil de pièces fugitives en prose et en vers, par M. de F*»% in-8°, portant le millésime MDCCXL, mais condamné par arrêt du conseil , du 4 décembre 1 7^9. B.

Page 1