AUX LONGS DISCOURS, ETC
jour, plein de ces grandes recherches qui charment l'esprit par leur immensité, je dis à un membre très éclairé de la société : « M. Clarke est un bien plus « grand métaphysicien que M. Newton. » a Cela peut a être, me répondit-il froidement; c'est comme si vous a disiez que l'un joue mieux au ballon que l'autre. » Cette réponse me fît rentrer en moi-même. J'ai depuis osé percer quelques uns de ces ballons de la métaphysique, et j'ai vu qu'il n'en est sorti que du vent. Aussi , quand je dis à M. de s'Gravesande , Vanitas vanitatum, et metaphysica vanitas 1 , il me répondit, « Je suis bien fâché que vous ayez raison. »
Le P. Malebranche, dans sa Recherche de la vérité, ne concevant rien de beau, rien d'utile que son système, s'exprime ainsi : « J^es hommes ne sont pas « faits pour considérer des moucherons; et on n'ap- « prouve pas la peine que quelques personnes se sont a donnée de nous apprendre comment sont faits cer- « tains insectes, la transformation des vers, etc. Il « est permis de s'amuser à cela quand on n'a rien à « faire, et pour se divertir. » Cependant cet amusement à cela pour se divertir nous a fait connaître les ressources inépuisables de la nature, qui rendent à des animaux les membres qu'ils ont perdus, qui reproduisent des têtes après qu'on les a coupées, qui donnent à tel insecte le pouvoir de s'accoupler l'instant d'après que sa tête est séparée de son corps, qui permettent à d'autres de multiplier leur espèce sans le secours des deux sexes. Cet amusement h cela a développé un nouvel univers en petit , et des variétés
' Voyez , dans la Corrcspondanct, la lettre du ier juin 1738.