LETTRE CRITIQUE
quand il est dangereusement malade. Je trouve fort mauvais, moi, lorsque j'ai la migraine après avoir joué toute la nuit, qu'on vienne me dire que j'ai mauvais visage. On prétend qu'en effet M. le maréchal de Saxe, après la victoire, dit au roi qu'il n'avait demandé au ciel que ce jour de vie, pour voir triompher sa majesté : permis à lui de penser de cette façon; mais, en vérité, cela est bien déplacé dans un poème, qui ne doit donner que des idées douces et riantes. fi^yF m'u\'
Pourquoi dit-il que le duc de Grammont
dans I Elysée emporte la douleur
D'ignorer en mourant si son maître est vainqueur?
(Vers 107-108.)
Voilà un sentiment que je n'ai vu dans aucun des petits romans que je lis. Je voudrais bien savoir si on a de ces idées -là quand on a la cuisse emportée d'un boulet de canon. On me répond à cela que le duc de Grammont aimait véritablement le roi, et qu'il pouvait très bien avoir eu de pareils sentiments à sa mort : faible réponse, misérable évasion, dont vous sentez la petitesse.
Je me soucie fort peu qu'il me nomme tous les lieutenants-généraux qui étaient chacun à leur poste. Ne voilà- t-il pas une chose bien extraordinaire d'être son poste! Un franc pédant, qui est tout plein son Homère, nous a voulu persuader que c'est ainsi que ce vieux Grec s'y prenait dans son roman de Y Iliade y et que Virgile l'avait imité; vous savez comme nous l'avons reçu avec son Homère et son Virgile : je ne crois pas qu'on s'avise de les citer do-