‹ Œuvres de VoltaireChapitre 170 sur 182 · SUR LE POEME DE FONTEWOI · texte numérisé non relu

SUR LE POEME DE FONTEWOI

rénavant devant vous ni devant moi. J'entends dire à de fort habiles gens que ces rêveurs- là sont tout-àfait passés de mode, et qu'un homme qui écrirait dans leur goût ne serait pas toléré aujourd'hui. On dit qu'ils poussaient le ridicule jusqu'à faire une description détaillée des blessures d'anciens héros imaginaires : si cela est, il est bien clair que rien n'est plus impertinent que de parler des blessures que nos officiers ont reçues réellement depuis peu, puisque Virgile ne parlait que de gens qui avaient été blessés deux mille ans auparavant.

On m'a assuré qu'Homère employait un livre tout entier à faire rémunération de toutes les troupes de la Grèce : pourquoi donc ne peindre qu'en peu de vers les grenadiers , les carabiniers , la maison du roi , les dragons? S'il y avait eu davantage de ces peintures, il est vrai que je n'aurais jamais lu cet ouvrage; et c'est précisément ce que je voulais : car, en vérité, je l'ai lu malgré moi, et je ne sais pas pourquoi quelques personnes, à l'article de M. du Brocard, de M. de Craon, et du duc de Grammont, ont versé des lannes. On ne peut s'attendrir ainsi que par esprit de cabale : mais je vous réponds que nous en ferons une bien violente contre l'auteur et ses adhérents.

Premièrement, nous dirons qu'il est Anglais; et ou le voit assez par l'épithète de brave qu'il donne au duc de Cumberland , qui est venu attaquer sa majesté. Nous déchaînerons contre lui tout Paris, qu'il a si indignement attaqué par ces détestables vers :

Ils tombent ces héros, ils tombent ces vengeurs;

Ils meurent, et nos jours sont heureux et tranquilles :

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