AUX ÉTATS-GÉNÉRAUX DE HOLLANDE
«KPTBMHRF 1745».
Hauts et puissants seigneurs, je suis chargé expressément, de la part du roi mon maître, de vous faire ces nouvelles représentations, que je soumets encore, s'il en est temps, à votre sagesse et à votre équité.
J'oserai d'abord vous faire souvenir d'une ancienne république puissante et généreuse, ainsi que la votre, à laquelle quelques uns de ses citoyens présentèrent un projet qui pouvait être utile. La nation demanda si le projet était juste; on lui avoua qu'il n'était qu'avantageux ; et le peuple répondit d'une commune voix, qu'il ne voulait pas même le connaître.
On est en droit d'attendre de votre assemblée une telle réponse. La proposition d'éluder la capitulation de Tournai est précisément dans ce cas ; à cela près que cette infraction ne serait point utile pour vous, et serait dangereuse pour tout le inonde.
1 Celle pièce, composé»' sur la demande du marquis D'Argensoo , ministre des affaires étrangères, a été imprimée par les éditeurs de Kehl sur la minute de ta main de Voltaire, et placée à la suite de la lettre du ag septembre. « Les états généraux (disent dans une note les éditeurs de Kehl) ■ avaient résolu d'envoyer au roi d'Angleterre et contre le prétendant , les - mêmes troupes qui, par la capitulation de Tournai et de Dendermonde , « avaient fait le serment de ne servir de dix - huit mois , même dans Us • places Us plus éloignées, etc. Voyez, tome XXI , le Précis du SiècU de " Louis XV t chapitre xxiv, Malheurs du prince Édouard. • h.
54o REPRÉSENTATIONS
Que pourriez-vous gagner en effet en violant des droits sacrés, qui seuls mettent un frein aux sévérités de la guerre ? Vous ôteriez aux victorieux l'heureuse
liberté de renvoyer désormais des vaincus sur leur parole. Qui voudra jamais laisser sortir une garnison sous le serment de ne point porter les armes, si ces serments peuvent être violés sous le moindre prétexte?
Considérez, hauts et puissants seigneurs, quels tristes effets une telle conduite pourrait entraîner. Une république aussi sage et aussi humaine les préviendra sans doute, et ne brisera point ces liens qui laissent encore aux hommes quelque ombre des douceurs de la paix, au milieu même de la guerre.
Vous n'avez envisagé, dans l'article de la capitulation de Tournai , que ces mots qui expriment la promesse de ne pas servir, même dans les places les plus reculées. Os termei seuls, el dégagés de ce qui lei précède, pourraient en effet laisser peut-être à la garnison de Tournai la liberté de servir d'autres puissances, si on voulait oublier l'esprit du traité pour le violer, en s'en tenant en quelque sorte à la lettre
Mais vous vous souvenez des expressions claires (fui prêt ( (lent. Vous savez qu'il est dit que la garni- % son doit être dix -huit mois sans porter les armes , sans passer à aucun service étranger, sans faire, durant ce temps, aucun service militaire , de quelque nature quil puisse être.
Vous sentez que nulle interprétation ne peut altérer un sens si précis, et vous sentez encore mieux que des conditions si manifeste! sont en effet l'expression rie la volonté déterminée du roi mon maître, à la-