DE LA VUE. IOI
cela à ud verre lenticulaire de lunette. Soit ce cristallin ou ce verre lenticulaire {figure 7).
Le rayon perpendiculaire A le pénètre sans se détourner; mais les rayons obliques BC se détournent dans l'épaisseur du verre en s approchant des perpendiculaires qu'on tirerait sur les endroits où ils tombent; ensuite, quand ils sortent du verre pour passer dans l'air, ils se brisent encore en s éloignant du perpendicule ; ce nouveau brisement est précisément ce qui les fait converger en D, foyer du verre lenticulaire.
Or la rétine, cette membrane légère, cette expansion du nerf optique, qui tapisse le fond de notre œil, est le foyer du cristallin ; c'est à cette rétine que les rayons aboutissent; mais avant que d'y parvenir, ils rencontrent encore uu nouveau milieu qu'ils traversent; ce nouveau milieu est l'humeur vitrée, moins solide que le cristallin , moins fluide que l'humeur aqueuse.
C'est dans cette humeur vitrée que les rayons ont le temps de s'assembler, avant que de venir faire leur dernière réunion sur les points du fond de notre œil. Figurez-vous donc, sous cette lentille du cristallin, cette humeur vitrée sur laquelle le cristallin s'appuie; cette humeur tient le cristallin dans sa concavité, et est arrondie vers la rétine.
Les rayons, en sYh happant de cette dernière humeur, achèvent donc de converger. Chaque faisceau de rayon parti d'un point de l'objet vient frapper un point de notre rétine.
Une figure , où chaque partie de l'œil se voit sous
son propre nom , expliquera mieux tout cet artifice que ne pourraient faire des lignes , des A et des B
(figure S).
Plusieurs philosophes de l'antiquité avaient cru que, bien loin que les traits de lumière réfléchis sur les objets vinssent en dessiner l'image au fond de nos yeux, il partait au contraire de nos yeux mêmes des traits de lumière qui allaient chercher les objets, et en rapportaient je ne sais quelles espèces intentionnelles. Cette idée était digne du reste de la physique des Grecs; je ne dis pas des Romains, car les Romains n'en curent presque jamais.
Ce fut Jean-Baptiste Porta , Italien , qui , en 1 56o , développa le premier les véritables causes de la vue, et, par la simple expérience d'un drap blanc exposé à un rayon de soleil dans une chambre obscure, soupçonna qu'il devait arriver dans l'œil la même chose que dans cette chambre. Il n'osa pas imaginer que les rayons pénétraient jusqu'à la rétine; il crut que les objets se peignaient sur le cristallin , et tout le monde le crut avec lui , jusqu'à ce qu'enfin Kepler et Descartes expliquèrent tout l'artifice de la vision, toutes les réfractions qui s'opèrent dans nos yeux, et ce qui rend la vue courte, et ce qui peut l'aider. Le docteur Hooke, précurseur de Newton, parvint depuis jusqu'à faire voir par l'expérience qu'il faut qu'un objet, pour être aperçu, trace au moins sur la rétine une image qui soit la huit- millième partie d'un pouce.
La structure des yeux ainsi développée seulement pour l'usage de l'optique, on peut connaître aisément