VÉNUS
Après Mercure est Vénus, à vingt-un ou vingtdeux millions de lieues du soleil dans sa distance moyenne; elle est grosse comme la terre; son année est de jours. On ne sait pas encore ce que c'est que son jour, c'est-à-dire sa révolution sur elle-même. De très grands astronomes croient ce jour de a5 heures, d'autres le croient de i5 de nos jours. On n'a pas pu encore faire des observations assez sûres pour savoir de quel coté est l'erreur; mais cette erreur, en tout cas, ne peut être qu'une méprise des yeux, une erreur d'observation , et non de raisonnement.
L'ellipse que Vénus parcourt dans son année est moins excentrique que celle de Mercure ; on peut se former quelque idée du chemin de ces deux planètes autour du soleil par cette figure (figure 58 ).
Il n'est pas hors de propos de remarquer ici que Vénus et Mercure ont. par rapport à nous, des phases
a3a PARTIE III, CHAP. VIII.
différentes ainsi que la lune. On reprochait autrefois à Copernic que, dans son système, ces phases devaient paraître; et on concluait que son système était faux , pareequ'on ne les apercevait pas. Si Vénus et Mercure, lui disait- on, tournent autour du soleil, et que nous tournions dans un plus grand cercle, nous devons voir Mercure et Vénus, tantôt pleins, tantôt en croissant, etc.; mais c'est ce que nous ne voyons jamais. C'est pourtant ce qui arrive, leur disait Copernic, et c'est ce que vous verrez, si vous trouvez jamais un moyen de perfectionner votre vue. L'invention des télescopes, et les observations de Galilée, servirent bientôt à accomplir la prédiction de Copernic. Au reste, on ne peut rien assigner sur la masse de Vénus, et sur la pesanteur des corps1 dans cette planète a.
» Ce n'est que par le calcul des perturbations , ou par le mouvement de* axes di s planètes (voyez chapitre v), que l'on peut connaître les masses des planètes. Par exemple, pour connaître celle de Vénus, il faudrait, après avoir eouclu la proportion de la masse de la luue à celle du soleil, de la counaissance de leur action sur le mouvement de la terre, chercher l'altération produite par Véiius dans l'orbite terrestre; et connaissant celle que donnent les phénomènes, on aurait la masse de Vénus, en la supposant telle qu'elle doit être pour produire cette altération.
(ÀHte masse uuc fois trouvée, en comparaut l'observation à la théorie pour un instant donné , la théorie donnerait les tables des perturbations causées par Véuus, et l'accord de ces tables avec les observations prouverait la vérité de la loi générale du système du monde. K.
* Les éditions de i - 18 contenaient ici le passage que voici :
» LA TKRRE.
« Après Vénus est notice lerre, placée à So millions de lieues du soleil ou environ , au moins daus sa moyenne distance.
- Elle est à peu près i railliou de fois plus petite que le soleil : elle gravite vers lui , et tourne autour de lui dans une ellipse en "Iti.'î jours 5 heures 48 minutes, et fait au moins 180 millions de lieues par an. L'ellipse qu'elle
DE LA FIGURE DE LA TERRE. a3 i