‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 102 sur 161 · CHAPITRE Xm · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xm

gardant sa montre; c car Q est dix minutes de plus que l'heure, et je ne vois pas de monsieur Tyrrel. — Que dites-vous là , docteur? • s'écria le baronnet , ayant Fair de sortir de son apathie.

< Des choses qui n'ont pas le sens commun , docteur, • répliqua le capitaine en regardant un vieux chaudron de montre; < il n'est pas plus d'une heure trois minutes , et je soutiendrais que M. Tyrrel est un homme de parole. . . Je n'ai jamais vu un homme prendre la chose avec plus de sang-froid. — Et sans doute il met le même sang-froid dans sa démarche en se rendant ici , ajouta le docteur. — Sur ma parole, dit Winterblossom , je crois que ce M. Tyrrel a le dessein de se moquer de nous. — Je ne l'attendrai pas plus d'une demi heure , s'écria sir Bingo, fùt-il feld-maréchal. — Vous vous laisserez diriger dans cette affaire par l'ami qui vous sert de second , sir Bingo , dit le capitaine. — Au diable si j'y consens , répliqua le baronnet. Ami ? un joli ami , qut me Mt &ire un tel pas de clerc! Je ne vous aurais jamais cru assez borné pour venir m'apporter un rendez-vous de la part d'un misérable qui se sauve lâchement. — Si vous êtes fâché d'être venu ici pour rien , dit le capitaine, et si vous pensez que j'aie des torts envers vous, je ne ferai aucune difficulté de prendre la place de M. Tyrrel , et de vous rendre le service de me mesurer avec vous, mon garçon! — Fi! fi ! messieurs , » s'écria le pacifique Winterblossom. c Quoi ! l'une des parties et son second ! c'est ce dont on n'a jamais entendu parler. »

Cette observationiit rentrer en eux-mêmes les d^ux délinquants, et ils continuèrent tous à se promener ^de long en large. Enfin M. Winterblossom fit observer qu'il était une heure trois qiKirts ; que la personne qui prenait le nom de Tyrrel ne se présentait point; qu'il convenait donc de rédiger par écrit le récit de cette affaire et des circonstances qui l'avaient accompagnée , de signer tous cette pièce , et de la rendre publique pour la satisfaction de la société.

En conséquence , procès^verbal fut dressé, portant en somme que, sur un cartel envoyé par sir Bingo Binks, baronnet, au sieur. Francis Tyrrel , et accepté par ce dernier, les soussignés , s'étant rendus au Buckstane à une heure, y avaient attendu jusqu'à deux heures sans voir ledit Tyrrel ni entendre parler de lui, en fi>i de quoi, etc.

Le susdit procès-verbal fut affiché dans les dépendances de l'éta^ blissement avec une mesure législative votée par le comité d'admi^

a» LES EAUX DÉ SAINT-RONAN.

nlstrâthm, et portant qu'à Tavcnir personne ne «cralt engagé aux dîner», aux bals ôu autres plaisirs des Eaux , jusqu'à ce que le nom du néophyte eût été régulièrement inscrit sur le registre destiné à cet usage. Tout le monde se pressa pour lire ces Importantes nouvelles, les actions de sir Blngo montèrent de tlngt-cinq pour eent, même dans Toplnlon de sa femme , ce qu'il y. a de plus extraordinaire«

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