‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 103 sur 161 · LA CONSULTATION · texte numérisé non relu

LA CONSULTATION

J<eftpére ^0 Toici dM prtvYM.

SoÀitPBABK. Jfff tir« pour m«tierc.

La tille de..« .est située, comme tout le monde le sait, à

quatorze milles environ de Saint^Ronan* C'est le cheMieti éH eomté où sont situées les Eaux, Joyeux rendex^-vous de la bonne compagnie, dont la renommée doit s'aocrottre de jour es jour, grâce aux curieuses annales que nous donnons au public. Au lieu de laisser en blanc le nom de cette eapitate comme noua l'avoua bit en tète du présent chapitre » il ne sera pas inutile de remplir cette lacune par le nom fictiF de Marobthorn '• Plus d'une fois, en ilfet y nous nous âommei trouvé nous-mème fort «nbarrassé dtti le cours d'une histoire par la rencontre d'un hiatus incommode que nous ne pouvions pas toqours renqilir à la première vue d'ube manière qui allât bien avec le reste de la narration^

Mftrchthorn donc était une vieille ville écossaise » bâtie à I« mode d'autrefois. La principale rue > un jour de marché , prdscD* tait un nombre raisonnable de vigoureux formiera en grande re^* dingottC) achetant ou vendant IcA diverses productions de leur» formes. Lés autres jours de la semaine f on y Toyait seulement quelques oisife bourgeois se traînant comme des mouches enéore à moitié endormieis^ et fixi^t le clocher de Féglise jusqu'à ce que l-heureux son de douze coup» frappés par Toracle du temps vint leur dire qu'il était temps d'aUer prendre lem* repaa de ihidi. Le» droites fenêtres des boutiques ne laissaient ap^roeVcdr que très im« pir&itemeDt Tintérieur, où chaque marchand, comme on appelait les boutiquiers , more scottico y vendait tout ce qu'il est possiblv d'iaiagio0r« Quant à des manufoctureS) il n'en existait aucune, ex-

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c«9té «^ in i^âmt oQuetl de ilMû^ qui le doiittit oM ptBM IHCMaeYtble pour pr^purer la chaîne et la trame que devait four^ Mtr la ville de Marebthorfi toul les ùt ou sept ans, dam le but do la quatrième partie d'un membre du parlmneiit

Dans une paretUe viUe» il arrive d'ordinaire que le elero du ihét iSi attrtout » on le auppoie agent de phiaieurt kirdi du premier ordre y posaàde une des maisons de meilleure apparenee, et telle était celle de M. Bindlooae. Ce n'était point, à la vérité» la ohaiv mante deSMure du procureur du sud » toute bâtie en briques et ornée d'un marteau de cuivre luisant : le clerc n'habitait qu'un bè» timent haut» mai({rey sombre , avee d'étroites croisées et un toit qui se prcqetait de plusieurs pieds au dessus de la rue, lequel toit présentait à sa surfisoe jdes espèces de gradins » vu l'épaisseur des tuiles dont il était formé; enfin les fenêtres du bas étaient défen^ dues par des bartes de fer i car M. Bindloose , comme il arrive sottvenC» triait une suocurs/ile d'une des deux banques nation nales qui aviât été récemment établie dans la ville de Marefa* thom.

Vers la porte de cette maison , par les rues anciennes et dés«*tei de cette ville femeuse , s'avançgit lentement une voiture qui , si elle avait paru dans Piccadiliy; aurait ibumi de quoi rire pendant une semaine, et alimenté les conversations durant on niois» C'était un cbar à deux roues , qui ne pouvait réclamer aucun des noms modernes de tilbury, de tandmn , de denneti etc., et qui asi^ pîrait seulement h l'humble dénomination de cet équipage presque oublié. M* un v¥faisky, ou, suivant quelques autorité ^ un tim«whisky. Ce char était, ou plutôt il avait été ctfiginairement do couleur v^te , et se trouvait plaoé^ d'une manière sûre et solide, sur dei^ prîtes roues basses de ferme aOtiqlie , qui n'étaient nulle» ment en proportion avee la caisse. Le dessus;, semblable à celui d'une ealiche ordinaire, avait ^té; rabattu , à cause de rhumldilé de l'air du mtin ou de là délicatesse farouche de la belle damo qui , voilée par des Hdeaux de cuir, occupait ce vénérable éehan« tiUhm d'un carrosse antédQuvien*

Mais comme dette belle et modeste dataie n'aspirait aucunement à rhonneur de conduire la direction d'un cheval qui paraissait aussi vieux que la voiture , elle était exclusivement confiée à un bo»» homme hi^illé en postillon. Les cheveux gris de ce galant écuyer s'écdliappaient des deux côtés d'une antique toque de Jockey en y9» lours» et son épaule gauche était si considérablement éfetée m

dessus de sa tête qu'il semblait ; avec un peu d'eflbrt , pouvoir mettre son cou sous son bras, comme on place celui d'un coq de bruyère rôti. II montait un cheval de selle aussi vieux que celui qui travaillait entre les brancards du carrosse , et qu'il conduisait au moyen d'une longe. Excitant un des deux animaux avec son unique éperon, et stimulant l'autre avec son fouet, il obtenait sur le pavé un trot raisonnable , qui cessa seulement lorsque le wbisicy s'arrêta à la porte de M. Bindloose... événement d'assez grande importance pour attirer la curiosité des habitants de cette maison et des maisons voisines. Les rouets suspendirent leurs révolutions, les aiguilles s'arrêtèrent piquées dans les coutures à demi finies , et plusieurs nez , avec ou sans lunettes , se montrèrent aux croisées voisines. Les figures espiègles de deux ou trois clercs parurent aux fenêtres grillées dont nous avons parlé , et s'épanouirent en voyant descendre de ce respectable équipage une vieille dame, dont le costume et la tournure avaient pu être de mode, alors que son carrosse était neuf. Une rdie de satin rouge , bordée de peau d'écureuil gris, et un chapeau de soie noire garni de crêpe, étaient des vêtements qui n'excitaient plus le respect qu'ils avaient certainement commandé aux jours de leur jeunesse. Mais il y avait dans les traits de celle qui les portait quelque chose qui lui aurait valu tous les égards de M. Bindloose , quand même elle se fût présentée sous un costume encore moins brillant , car il reconnaissait la figure d'une ancienne pratique qui l'avait toujours payé généreusement i et dont le compte avec la banque était balancé par une très respectable somme. Bref, c'était notre digne amie mistress Dods, Thêtesse du village de Saint-Ronan.

Or 9 son arrivée annonçait une affaire évidemment très importante. Personne en effet n'éprouvait plus de répugnance que Meg) quitter sa maison où, dans sa propre opinion du moins, rien n'ai' lait bien quand elle n'était point là elle-même pour surveiller. Donc , si limitée que fût sa sphère , elle en occupait toujours le centre, et ses satellites peu nombreux se trouvaient forcés d'accom^ plir leurs révolutions autour d'Jie, tandis qu'elle demeurait stationnaire. Saturne aurait donc reçu avec moins d'étonnement une visite du soleil , que M. Bindloose cette visite inattendue de la vieille cliente. En un clin d'œil , il réprima la curiosité impertinente de ses'clercs ; il ordonna à sa femme de charge , la vieille Hannab... car M. Bindloose était garçon... d'apprêter le thé dans le salon vert -, et à peine achevait-ii de donner ses ordres qu'U était d^à

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