CHAPITRE IV
été le théâtre ont retenti par toute TAngleterre. Il n'est pas de lirave chevalier ni de véritable ménestrel dont le cœur n'ait trèssailli au nom d'une forteresse où jadis aucun Anglais n'avait posé le pied , si ce n'est pour recevoir l'hospitalité. Il y a une espèce de magie d:yl8 les noms mêmes de sir John de Walton et de sir Aymer de Yaleûce , braves défenseurs d'une place si souvent reconquise par ses anciens possesseurs , et avec de telles circonstances de courage et de cruauté que nous l'appelons en Angleterre lé Château dangereux. — Je serais ravi d'entendre raconter à votre manière ces légendes qui vous ont porté, pour l'amusement des siècles à venir , à visiter un pays où règne maintenant tant de désordre et de périls. — Si vous avez la patience d'écouter un long récit de ménestrel » de mon côté , en homme qui chérit sa profession , je suis tout disposé à vous raconter mon histoire. — Oh ! quant à cela , vous aurez en moi un auditeur parfeit ; et si ma récompense doit être légère , du moins mon attention sera grande. — C'est un bien pauvre troid)adour , répliqua Bertram , que celui qui ne s'estime pas mieux récompensé par une telle attention que par de l'or et de l'argent , quand même les pièces seraient des nobles à la rose d'Angleterre. A cette condition donc , je commence une longue bis toire, dont certaines parties auraient pu mieux inspirer le talent de mâiestrels plus habOes , et parvenir ainsi à d'autres braves guer« riers dans quelques centaines d'années.