‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 116 sur 161 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

JEUX DS ih. FOBTUNE.

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Ici^, le lecteur est prie de reffl<»2ter iiisqu'à l'époque de l'arrivée de lord Etkerington aux Eaux de Saint-Rouan. La blessure que ce leuue seigneur avait reçue quelques |ours après son arrivée le força de se tenir écarté de tar société, et de garder la chambre pendant quelique temps.

Le kird de Saint-Ronan, Mowhray, trouva moyen de faire connaissîawîe ^vcq 1u(> et il s'arrangea pour passer les journées entières dans la chambre de ce nouvel ami ,^ sous prétexte de lui tenir compare. U ne tarda pas cependant à lui proposer, comme moyen de distractiWj.quelques parties de piquet. Il avait Tespérance de profiter de sa supériorité et de l'inexpérience de son partenaire, pour se. dédommager de son assiduité auprès de lord Etherington. Mais çelttîrci se trouva d'une force éçale au moins à celle de Mowbray. n semblait cependant négliger les avantages de la fortune avec une teUe insouciance, et faisait en jouant des fautes si grossières , que Mowbray soupçonna bientôt que milord prenait plaisir k lui laisser gagner son argent.

Un jour notamment que Mowbray avait gagné une somme assez forte, dont il voulait consacrer une partie à acheter une toilette brillante à sa sœur Clara pour le bal annoncé, il voulut profiter de U bJienTeiUance de. h for^ne^ et proposa h mùQvi £tberihgton une

824 LES EAUX DE SAUTT-RONÂN.

Douvçlls partie de piquet , où Tenjeu de ehaque part fut de mille livres sterling : c'était à peu près toute la fortune de Mowbray.

Il eut bientôt lieu de se repentir de cette itnprudence : la chance, après l'avoir favorisé , tourna contre lui , et son adversaire allait gagner la partie quand, omettant de montrer son point, après l'avoir annoncé , il donna le droit à son adversaire , d'après la rigueur des règles , de marquer le sien , ce qui décida la partie en feveur de Mowbray.

Celui-ci venait de ramasser , avec une joie égale aux angoisses qu'il avait éprouvées, Targent de milord Etherington , quand milord lui avoua sans détour que c'était à dessein qu'il avait négligé de montrer son point. Ayant une demande importante ai lui laire, il avait voulu le trouver disposé fevorablement.

Là-dessus lord Etfaerington dit à Mowbray qu'un de ses grands oncles maternels, marchand à Londres, après avoir feitdansie commerce une fortune considérable, avait eu la faiblesse, assez commune aux marchands enrichis, de devenir, ou au moins de se faire passer pour un personnage de noble extraction ; qu'à cet effet, un généalogiste obligeant lui avait fabriqué un parchemin qui le faisait descendre de la noble famille écossaise des Mowbray; et aussitôt il avait changé son nom plébéien de Scrogie Mowbray en celui de Reginald S. Mowbray. Ce grand-oncle, après avoir déshérité son fils , lequel avait voulu obstinément conserver le véritable nom de sa famille , était mort en instituant pour son légataire universel son petit-neveu, Etherington, mais sota la condition qu'il épouserait, dans un délai déterminé , une demoiselle de bonne renommée , portant le nom de Mowbray.

Milord avait espéré d'abord conserver la fortune de son oncle sans se soumettre à cette condition ; mais les hommes de loi , après beaucoup de délais, et lui avoir extorqué beaucoup d'argent, venaient enfin de lui déclarer qu'il n'avait d'autre moyen , pour conserver la fortune de son grand- oncle , que de se soumettre à la condition imposée par son testament.

Etherington, dans cette situation embarrassante, n'avait point hésité , avec la franchise qui lui était naturelle, à s'adresser à MoW' bray pour obtenir la main df^ sa sœur, en déclarant sans détour les rnoUk qui la lui faisaient rechercher.

Fort étonné d'une telle proposition , Mowbray crut devoir présenter au jeune lord plusieurs objections tirées en grande partie de la bizarrerie de caractère de miss Clara. Enfin , vaincu par les ins-

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