CHAPITRE XXYL S5â
« Là se brisaient donc toutes mes espëranees. Il était elair comme le jour qu'un mariage secret, impardonnable d'ordinaire» deviendrait aux yeux de mon père un acte méritoire , s'il unissait son héritier à Clara Mowbray. Ainsi la catastrophe que je machinais comme devant exclure^à jamais mon rival des bonnes grâces de son père, allait donner au comte un motif de plus pour me dépouiller en faveur de Francis. Je cherchai al(H*s si le mal était absolument sans remède. Rien n'était plus lacile que deieiire échouer le projet de mariage; mais cette alliance pouvait se conclure un jour sous les auspices de mon père. Dans tous les cas , le rôle que j'avais joué dans l'intrigue entre Gara et mon frère me montrait presque l'impossibilité de lui faire moi-même la cour. En cette perplexité il me vint une idée lumineuse : si je me feisais passer pour l'époux ? H était facile de convenir du jour avec Clara et le ministre, car je menais toute la correspondance ; j'avais la taille et la tournure de Francis.... Le déguisement que nous devions prendre... l'obscurité de l'église... la précipitation du moment, tout empêcherait Clara de me reconnaître. Quant au ministre, je n'aurais qu*à lui dire, quoique jusqu'alors je lui eusse parlé d'un ami, que j'étais moi-même l'heureux mortel. Mon premier nom était précisément celui de Francis ; et enfin Clara me semblait si séduisante , qu'avec la vanité d'un amoureux de seize ans , j'avais la con* fiance de croire que je réconcilierais aisément la demoiselle avec cette substitution.
c Enfin mon projet réussit. Nous montâmes en voiture; mais à peine étions-nous à un mille de l'église , que mon malheureux fi*ère» qui avait tout appris, arrêta de force la chaise de poste. Je voulus me jeter sur lui , mais je tombai à terre et la roue me passa sur le corps. Lorsque je revins à moi, j'étais étendu sur mon lit. Mon domestique Solmes» qui me soignait, me dit que la jeune personne avait été renvoyée par Francis chez son père ; Francis lui-même vint me visiter, et javais tellement perdu de sang, que je le reçut avec une espèce d'indifférence. Après avoir été long-temps sermonné, il obtint de moi deux choses,la première quenous nous dirions adieu pour toujours, la seconde que nous renoncerions tous deux à Clara. J'hésitai à cette dernière stipulation, c Elle était ma femme, et j'avais droit de la réclamer comme telle. > Sur ce , nouveau déluge de reproches et de réflexions morales : il finit par m'assurer que , comme il y avait erreur de personne, l'union conjugale était nulle de plein droit. Quand Francis m'eut débarrassé de son insup*
Ml LES JtkXn DE SAnrr*RONA]V.
IMftakle pféscttoe» Sotnei parla è ion tour du roneutimeiit de luw pèff^ et de l'aiprit de Toogeanee qui aDimerait te Tîeux Mowl^ay Itti-^iDème; li biei que je fis fœu d'ab«enee étemelle et que je tt'exibi d'Seoiee » eoiame ou dît en ee payi.
• Et iei» renarquec imb génie : tout était centre moi dans cette alfeire; je Ba'arraiigeai léaBOsoioa de manière que ledit M. Francis MartÂgny le ehargeàt de tout le ferdeau du méeoDtenteiiieiit de moa père » et ootre séparatîM , dont il dotait être tort eourreacé^ ae trouvait attryooée à moB riTa). Ce fut une eendilioii sùw qua «an. M. Fraaeis aceepta tout ce ^e je f oulus; il aurait pris l« QHMidfi «ur sea ^ulea pour mettre uae éternelle séparation entre la tourterelle et le fatteon qui s'était si hardiment précipité sur elle. Je M sais ee <]^'il écrivit è mon père ; quant à moi , je rejetai tonte la faute sw mon oompagunn » et j'obtins te permission de rrtounaer à Londres pour ma santé« Je trouvai le eomte furieux contre um fils atoét et cooiwe U s'était lait dévot siur la fin de ses jours, n'osant pas Sttos doute avouer aes peccadilles en foce de la sainte congrégation» il m'institua seul liéritieri et maintenant je suis très Jionoratde à sa plaeeu
« Voua me direz peut-être ; c Ne voua repenteK-*Tona pas du pasaé?.M ne eraignea-vous pas l'avenir ¥... > Je me repena, mais de n'avoir pas profit^ de l'ab^nee de M* Martigny et de mon intimité avec Clara pour le si^planter dans son aSoction. Voilà pour le i^ pentir. Quant à la crainte, je vous répondrai que je n'aî .^ais rien eraiot de ma vie« Mais je ne veiix pas que vous me croyiez aasiav fou poiv m'ei^poser à des soucis nombreux sans un motif rai*» sonnable; ce motif, le voici : j'entends dire qu'une attaipie se pré* fnre (vonUre mon rang et mon état dans te soeiété$ elle ne peut Tuam que de ee drôle de Martigny. Or c'est une violation du traité eoaelift entre nous. Peut-il donc espérer que jabandonueraî ma fiâmmc » et , ee qui vaut encore mieux , te domaine de Nettlewood du vieux Sowgie Mowbray? Ob! non pas! s'il m'attaque sur ee point, je l'attaquerai sur un autre qui ne lui sera pas moins sensîme... Je. ne veux point pousser le» choses à l'extrémité, et ce n'est pas dan^ cette intention que je vous invite à venir me joindre. Il est vrai que lorsque je le rencontrai il y a quelque temps, je cédai a un malbeureux mouvemeot de vivacité; là était mou ennemi , iei ma paire de pistolets : telle fut te smile réflexion qu'il me fut poslibte de f^vre ; xm» k l'avenir je serai sur mes gardes.
i( Mai^it 01^ dU^^j^^i» €»cere, si je n'ai ins dessein de elMr^
sion avett hit? Pourquoi ne pas exécuter la conyeotiw de Marehthorn ? Je veux mettre un terme aux craintes que j'éprouve d'une tentative contre ma fortune et mon titre. Je veux ma femme Clara Mowbray et mon domaine de Nettlewood. Or le temps presse, il feut donc agir à tout risque, et voici mon plan. Mowbray m'a permis de firire la cour à GUra $a sœur ; si elle consent à me prendre pour époux , je m'assure le domaine de Nettlewood , et je suis prêt à livrer bataNle pour les biens de mon père. D'ailleurs , si cet heureux dénoûmebt a lieu, Martîgny aura le cœur trop malade pour combattre encore» et courra se cacher, en véritable aaïaQt, dan& quelque désert an delà des mora. St^ au eoatnire^ la dcmoiaeUe peraiite à refuser^ jo pense qw Martipiy iMviftert beauooAip paur me porter à reome^ à mes ppdUviifm. Or il m fiiut un a^efit pcHir eemBumiquer avee eet kidii»du s venee ikHi« ajAs délai, veim me soutenu*. Je vous jure qpi'il l'y a ni riaque i courir dans ee drame, ni pen^wa à olfeosar ém» h f6te qua )'aî Fmkatioii de vous confier*
f En parlant de drame., aoui avom &it uae miséfaUa tentatiae pour jouer une espèce de piàse liàlafdo a» d^iteau de Mowliray. Il ft'e&t ^ssé ce jour^là deux ehoaat reenarqoaUes : l'ane , e'ert que Jan'aiplu» osé me préMiter éevant miss Clara larsquo«lé mamoirt oftiiqtte esi arrivé; l'autre est d'wo oatiare^ phM éélioate^ emr jt a'agit d'uBo certaine jolie dame qui semble déteramié^ à ae jettir I ma tète. Si vous n'atfiv^ pas au plus tât» voua mattcpmrez osrtai» mmmt iwe dm réeomponaeit que je voua ai promis^ dats mon a¥aBt-deraiàv«i lettre. Jamaja wi éeotier m farde m moraesm As pain d'q^ pour sun eamarado aaaa épramrer ub vif iiair 4> mettre la deot. Peur moi^ la perspective d'une tetta affure m'miH barrasse , quivid smrtout j'en ai sur le lapis une a»tre d'umr MtaiN toute différente. Je vous expliquerai ertie énipne à votie dsrkimn . « On peut dire, qu'hier j'ai ea«»mencé les opérations di* %iégai ear je me suis préseisité devait (3ara. Je n'« pas reçu un aeottei^ très flatteur. M mais peu impfMrie^ }o m'y attendais bm. ëq wA^ tant ses craiitfea,^ j'ai produil une tdle im{H*essioft ^kt^u esprH« qu'elle consent à ce que Je la visitât eûmeae ami de son fràre^» et œ D'est pas avoir gragBé pm de chose. Elle pourra s'babcitttr h mt ?oir , et se rappeler avec moins d'am^ume le iour que je lui ai joué; tandis que moi, tfim âulre eèté^ par la m^me fmtk d« l'bth bitiide , jç me d^tarrassorai d'une ewtalao tAoeherio qui s'oofttr»
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toujours de moi lorsque je la regarde... Adieu! santé et fraternité. « Tout à vous. Étherington. »