‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 159 sur 161 · CHAPITRE IXX^^ït ^tl · texte numérisé non relu

CHAPITRE IXX^^ït ^tl

ment attiré son attention ; et, dans la confusion où se trouvait alors cette maison qui n'était jamais remarquable pour l'ordre, elle monta aisément l'escalier, pénétra dans la chârhbre de la malade sans être aperçue, et put entendre la confession d'Hannah Ifwin, confession plus que suffisante poar aggraver encore le désordre dt èon esprit.

Nous n'avons aucun taoyen de savoir si elle cherchait réellement Tyrrel, ou si ce fut, comme dans le premier cas ,.une fenêtre encore éclairée tandis que tout était obscurité à l'entour, qui Fattirâ; mais elle arriva bientôt p^ès de son malheureux amant, alors occupé h écrire , et qui voyant tout-à-coup tm objet se réfléchir dans lin large et antique miroir suspendu en hce de lui , leva les yeux, et aperçut Clira tenant à la main une lumière qti'elle avait prise dans le corridor. Il demeura un instant les yeux fixés sur cetle e^ frayante image, avant d'oser retourner la tête vers TobjVt luimême. Quand il se tourha enfin , le visage pâle et Impassible de la malheureuse lui lit presque croire qu'il voyait une apparition, et B fWssonna lorsque, se penchant vers lui et lui prenant la main : « Ven^z, > dit-elle, d'une vofx saccadée, « oh! venez vite, mon frère nous poursuit pour nous tuer tous deux... Venez, Tyrrel, fuyons... nous ne l'échapperons pas aisément... Hannah îrwin a déjà pris les devants... mais s'il nous rejoint, je ne veux plus que vous vous battiez, il faut me le promettre , Tyrrel... nous n'avons eu déjà que trop de combats... vous serez sage à l'avenir. — Clara Mciwhray , è'écriâ Tyrrel, hélas î est-il possible? Arrêtez, ne vous éloignez pas.!, (caf elle se détournait pour partir) arrête^! arrêtez! asseyez-vous!— Il faut que je parte, répondit-elle, il le faut, on «l'appelle... Hannah Irwin est allée en avant pour tout dire , et je dois la rejoindre. Ne viendrez-vous pas avec moi?... oh! si vous m'arrêtez de force, je sais qu'il faut que je m'asseie... mais malgré tout, vous ne pourrez pas me retenir. »

Suivit un accès convul^f qui sembla révéler par sa violence qu'elle était appelée en elïet à faire le dernier et sombre voyage. La servante qui arriva enfin , après que Tyrrel eut long-temps crié , s'enfuit épouvantée de la scène dont elle fut témoin , et alla porter l'alarme à la maison du ministre.

La vieille aubergitite fut donc forcée de quitter un spectacle de douleur pour en venir voir un autre. Lorsqu elle arriva chez elle, quel fut son étonnement d'y trouver la fille d'une maison qu'elle avait toujours aimée , dans un état d'anéantissement presque com-

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pi et, et soignée par Tyrrel donl l'esprit ne semblait pas moins troublé que celui de la malheureuse patiente. « Monsieur Tyrrel, lui dit-elle, ce n'est pas ici la p'ace des hommes... il faut tous leyer et passer dans une autre pièce. » Le pauvre Tyrrel eut beau réclamer contre cette décision, il fallut obéir; mais il ne se retira qu'à condition que mistress Dods viendrait de demi-heure en demiheure lui donner des nouvelles de Clara. Les choses se passèrent de la sorte jusqu'au lendemain matin, la malade présentant tour à tour des chances de vie ou des symptômes de mort. Mais, hélas! après un intervalle plus long que ceux qu elle mettait d'ordinaire entre ses visites , Thôtesse entra d'un air grave et soucieux.

« M. Tyrrel, vous êtes homme et chrétien! » tels furent les seuls mots qu'elle prononça. Mais Tyrrel n'en comprit que trop bien le sens , et se précipitant dans la chambre où son amante était couchée, il la trouva morte et déjà froide. « Je la vengerai, » s'éeria-t il ; et descendant Tescalier avec précipitation , il allait sortir de Tauberge lorsqu'il fut arrêté par Touchwood qui descendait de voiture, portant sur sa figure un air de sombre anxiété qui ne lui était pas habituel. « Où allez-vous? où allez- vous? » demandat-il à Tyrrel, en le saisissant par le bras, et en le retenant de force, c A la vengeance ! à la vengeance! lâchez-moi , je vous en codjure , je suis capable de tout. — La vengeance appartient à Dieu et son coup est frappé... Par ici, par ici, > continua-t il , et il entraîna , Tyrrel dans la maison. « Sachez, lui dit-il alors, que Mowbray de ^aint-Ronan est allé sur le terrain avec Bulmer, il y a moins d'une heure, et qu'il Ta tué sur place. — Tué, qui ? — Valentin Bulmer, comte titulaire d'Élherington. — Vous apportez des nouvelles de mort dans une maison de mort , répliqua Tyrrel , et il n'y a rien au monde qui doive me faire supporter la vie. »

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