‹ OEUVRES DE WALTER SCOTT (volume 2)Chapitre 158 sur 161 · CHAPITRE XXXVni. 4M · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVni. 4M

la nuit où celle-ei se maria dans Téglise de Saint-R<man. — Voulezvous dire que vous êtes cette personne même? » répliqua Cargill en levant la lumière de façon à éclairer la figure de la malade, je ne puis le croire. — Non?... vous prétendez ne pas vous souvenir de moi ; mais si je vous disais combien de fois vous avez refusé d'accomplir en secret la cérémonie qu'on vous demandait; combien de fois vous avez allégué que c'était agir contrairement aux règles canoniques ; si je vous rappelais l'argument qui fit enfin impression sur vous , et votre intention de faire l'aveu de votre tran gression à vos confrères de la cour ecclésiastique , pour exposer vos excuses , et de vous soumettre à leur censure que vous disiez ne pouvoir être légère... vous reconnaîtriez alors que, dans la voix d*une mendiante, vous entendez celle de l'artificieuse, de la gaie, de l'élégante Hannah Irwin. — J'en conviens , ces preuves sont indubitables , et je crois que vous êtes réellement celle dont vous prenez le nom. — Voici donc un pas pénible de fait ; écoutez la suite. Et d'abord , sachez que la raison qui sut vous déterminer à nous prêter votre saint ministère , et qui vous fut alléguée par un jeune homme que vous connaissiez sous le nom de Francis Tyrrel , quoiqu'il n'eût droit qu'à se nommer Valentin Bulmer; cette rai-son, diS'je, n'était qu'une basse et grossière calomnie. Sachez encore que je fus la coupable confidente du faux Francis Tyrrel. Clara aimait le véritable. Lors de la fatale cérémonie, elle fut trompée aussi bien que vous , et je fus , moi , la misérable qui contribua principalement à la réussite de cette ruse diabolique... Vous avez horreur de moi, monsieur Cargill; mais je n'agissais que d'après les instigations de cet infâme Bulmer. Ce monstre réussit à me taire épouser un homme qu'on me fit croire riche, et qui n était qu'un misérable par qui je fus pillée, maltraitée, vendue... Mais écoutez, il y a quelqu'un ici, j'en suis sûre : j'ai àéjk entendu plusieurs fois soupirer, tressaillir. — Vous perdrez la raison en vous abandonnant à des idées semblables ; calmez-vous , parlez , et pour une fois du moins dites la vérité. — Je la dirai , car elle satisfera ma haine contre l'infâme qui, après m'ayoir ravi ma vertu, me rendit le jouet et la victime du dernier des hommes. C'est pour d(^ma^quer ce Bulmer que je suis venue ici ; car, en apprenant qu'il recommençait à faire la cour à Clara , j'ai résolu d'aller tout dire à son frère, et c'est cette résolution qui m'a amenée en ces lieux. Après avoir causé tant de malheurs à mon infortunée parente , j'ai voulu lui épargner du moins un malheur plus grand que tous les autres ,

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eéM â'époiiMir ee Bulm<»r. Clara Movrbray dott âati<^ ne pàfàbtk^ ner, puisque le mal que je lui ai Mt était ioéfi table , tandU qoe lé bien qu'elle a reçu de moi a été folontaire. Il ftiut que j6 la fote, ttonsieur Cargill, que je la foie avant de mourir... il m'e^l im|K)»^ Mble de prier avant de*la voir, impossible d'écouter un mot de vos Irieuses exhortations sans l'avoir vue. Mais eomment puis*Je erpéfer mon pardon de... »

Elle tressaillit à ces mots en poussant on faible cri, ear les rideaux du lit y du côté opposé à celui où était Cargill ^ s'ouvrirent lentement, tirés par une main débile, et la figure de Clara Mfvwbray, êeê vêtements et ses longs cheveux dégouttants de plnle, se montra entre les deux rideaux. La mourante »e leva sur son séant» les jeux lui sortaient de la tète , ses lèvres tremblaient, ses mains amaigries s*attachaient aux couvertures ^ elle paraissait aussi épouvantée que éi sa confession eti évoqué Tombre de Tamie qu'elle avait eu le malheur de trahir.

• Hannah Irwin , » dit Clara d'une yoix aussi douce que de coutume , « mon ancienne amie , qui devîntes mon ennemie sans que je vous eusse provoquée , recourez à celui qui a des pardons pour nous tous : recourez à lui avec eenfiance , car je vous pardonne au9si véritablement que si vous ne m'aviez causé aucun mal , aussi véritablement qweje désire mon propre pardon. Adieu )... adieu!...*

File sortit de la chambré avant que le ministre put se convaincre qu'il n'avait pas vu un fantôAie. Il descendit précipitamment l'es* éâlier, appela au secours ; mais personne ne voulut lui répondre» ear les gémissements rauques et profonds de la malade persuadèrent à tout le monde qu'elle rendait le dernier soupir. Mistress Dods et sa servante se p'-écîpitèrent dans l'appartement pour voir nH)Ufir Hannah Irwin , qui mourut en effet peu d'instants après.

Elle venait à peine d'expirer , que la seconde servante de Meg , qui était restée t l'auberge, vint, d'un air qui marquait une projbnde terreur, informer sa mat(re$se qu'une dame était entrée dans là maison comme uifie ombre , et se mourait dans la chambre de M. Tfrrel, événement que nous allons raconter.

Dans l'état irrégnlier où se trouvait l'esprit de miss Movrbray, xth choc moins violent qtte celui qu'elle avait requ par suite des Violences arbitraires de son fière, joint aux fatigues, aux dangers et aux frayeurs de son excursion nocturne, aurait sulB pour épuiser ses facultés, tant ph7.<itques que morales. Nous avons déjà dit que la lunfiière qui brillait à une fondtre du presbytère avait probable*

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